Une association de consommateurs propose une réforme de la méthode de calcul du taux du livret A, soulignant que l'inflation actuelle réduit le pouvoir d'achat des épargnants.
Actuellement, le taux de rendement du livret A est fixé à 0,75 %, tandis que l'inflation frôle les 1,8 %. Cette situation crée un rendement réel négatif, estimé à environ 1 point. Pour les 55 millions de Français investissant dans ce produit d'épargne, cela représente une perte significative, dépassant les 3 milliards d'euros pour un montant total de 360 milliards d'euros épargnés. François Carlier, délégué général de l'association CLCV, s'inquiète de cette situation : "C'est une première depuis les années 1980."
Jusqu'à l'année dernière, la méthode de calcul était censée garantir aux épargnants un rendement qui ne serait pas inférieur à l'inflation. Cependant, des décisions gouvernementales ont gelé le taux à 0,75 %, citant le besoin d'assurer des emprunts avantageux pour les bailleurs sociaux. Cette mesure a été décrite comme une menace pour le contrat social, puisque la nouvelle méthode prévue pour 2020 abandonnerait le principe de garantir un rendement réel positif, établissant un plancher à 0,5 %.
Un placement aux enjeux contradictoires
Le livret A, créé en 1818, est un sujet de débat constant. Philippe Crevel, expert en épargne, souligne que la rémunération du livret manque de rationalité et pourrait nécessiter une réduction. Actuellement, il est rémunéré plus favorablement que des obligations d'État à dix ans, ce qui soulève des questions sur la viabilité de ce produit à court terme, qui est défiscalisé et totalement liquide.
La fixation du taux par le gouvernement doit équilibrer des intérêts divergents : d'une part, les épargnants désirent un meilleur rendement, et d'autre part, les institutions financières et le secteur du logement social n'y trouvent pas leur compte. Par ailleurs, l'État souhaite encourager une orientation vers des placements à long terme, pouvant nécessiter de rendre le livret A moins attrayant.







