La réalité économique hongroise présente un visage inquiétant. Ferenc Biro, président de l'Autorité de l'intégrité, a récemment déclaré que la corruption survenue au cours des 16 dernières années sous Viktor Orban aurait coûté près de 60 000 milliards de forints, soit environ 168 milliards d'euros. Cette estimation a été rapportée par Bloomberg.
Ferenc Biro, lors de son entretien avec le collectif citoyen De! Akciokozosseg, a indiqué que la situation de la corruption s'est détériorée, notamment en raison du manque de mesures concrètes de la part des autorités pour y remédier. Il a précisé que les criminels politiques de haut rang pourraient bien être sujets à des poursuites judiciaires.
Soupçons de surfacturation atteignant 3,5 milliards d'euros
Au cœur de cette situation, Biro a identifié plusieurs cas d'escroquerie qui, selon lui, doivent être examinés afin de récupérer les fonds détournés, de nombreux millions ayant déjà quitté le pays. Bien qu'il n'ait pas désigné explicitement de personnes, il a mentionné que la surfacturation liée à certaines entreprises publiques pourrait atteindre 3,5 milliards d'euros. Les trois sociétés principales auraient, aux dernières nouvelles, bénéficié de marchés publics avec des prix largement gonflés.
Peter Magyar en route vers des réformes anti-corruption
Péter Magyar, élu Premier ministre en avril, a promis de s'attaquer à cette problématique en adoptant des réformes robustes. Il a récemment convenu avec l'Union européenne de débloquer 16,4 milliards d'euros de fonds gelés, à condition d'apporter des modifications significatives au cadre anti-corruption du pays. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré :
"Nous nous sommes mis d'accord sur un cadre solide afin d'assurer que la Hongrie affrontent les défis en matière de corruption et de respect de l'État de droit."
En parallèle, le gouvernement mettra en place cette semaine une législation visant à répondre aux exigences de l'UE. Les députés hongrois se sont engagés à réduire de 40 % leurs salaires pour témoigner de leur sincérité envers cette cause.
Toutefois, des obstacles demeurent. Sous le régime d'Orban, l'Autorité d'intégrité et le domicile de Biro ont subi des perquisitions en raison d'examens des dépenses publiques sur la communication, actes que ce dernier a qualifiés d'intimidants. Dans un climat de défiance, l'avenir des réformes en Hongrie sera scruté de près, tant par les citoyens que par les instances européennes.







