Suite à la tragique disparition de Lyhanna, l'examen de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles va être précipité. Solène Podevin-Favre, présidente de l'association Face à l'inceste, souligne que les failles dans le système judiciaire commencent dès le recueil de la parole de l'enfant. Dans cette affaire, la pression sur le gouvernement est palpable, particulièrement en raison du parcours judiciaire de Jérôme Barella, déjà signalé par plusieurs plaintes restées sans suite.
Le lundi 8 juin, plus de 60 000 personnes ont manifesté à travers la France pour dénoncer les dysfonctionnements qui entourent cette affaire. Parallèlement, la mère de Rosa, victime du même agresseur, a annoncé son intention de porter plainte contre l'État et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour non-instruction de sa plainte déposée en août 2025. Solène Podevin-Favre constate également qu'il n'y a que 555 policiers formés sur 160 000 pour recueillir la parole des enfants victimes.
Franceinfo : la proposition de loi sur les violences sexuelles aborde-t-elle l’imprescriptibilité ? Qu'en pensez-vous ?
Solène Podevin-Favre : C'est encourageant que la discussion de cette proposition de loi soit accélérée. Cependant, il est crucial de discuter également de l'imprescriptibilité, car cela envoie un message fort aux victimes et à leurs familles : il ne sera jamais trop tard pour parler. Cela dissuade également les agresseurs en leur faisant comprendre qu'ils ne peuvent jamais être tranquilles. Il est important de reconnaître que sortir du silence peut être un processus long et difficile, notamment pour les victimes d’inceste, qui peuvent faire face à des conflits de loyauté et à des cas d’amnésie dissociative dans 30 à 40 % des situations.
En France, en 2026, la justice doit s’adapter au cheminement des victimes, elles doivent pouvoir parler.
Solène Podvin-Favre, présidente de l'association Face à l'incesteà franceinfo







