Dans la foulée de l'incendie dévastateur survenu dans un bar de la station de ski de Crans-Montana, l'enquête s'intensifie autour des circonstances ayant conduit à ce drame meurtrier. Les autorités locales mettent en lumière l'importance de la conformité des matériaux utilisés, notamment la mousse acoustique présente au plafond, qui pourrait avoir facilité la propagation des flammes.
À trois jours du sinistre, les corps des deux Suissesses et de deux jeunes hommes, identifiés parmi les quarante victimes, ont été remis à leurs familles. Les victimes incluent une jeune fille de 16 ans et un garçon de 18 ans, rappellent les médias suisses. Alors que 113 personnes sur 119 blessées ont été formellement identifiées, les craintes persistent quant à neuf Français toujours portés disparus, suscitant l'inquiétude et l'espoir tragique des proches.
Les gérants du bar, tous deux Français, font face à une instruction pénale pour homicide et blessures causées par négligence. Bien qu’ils n'aient pas été placés en détention, la pression monte alors que les familles des victimes appellent à la transparence. La procureure générale du canton du Valais a déclaré : "Nous assumons notre responsabilité d’éclaircir chaque aspect de cette tragédie".
Les premiers éléments de l'enquête suggèrent que le feu aurait démarré à partir de bougies ou de feux de bengale, utilisés lors de célébrations. La séquence filmée par des témoins montre un moment d'alarme, alors que des clients cherchaient désespérément à quitter un espace surpeuplé, pouvant accueillir jusqu'à 300 personnes.
Des experts en sécurité incendie remettent en question la sécurité de la mousse acoustique. Freddy Rigaux, ancien sapeur-pompier devenu expert judiciaire, souligne que le matériau semblait hautement inflammable, bien en dessous des normes M1 requises pour les espaces publics. David Zenouda, vice-président de l'Union des métiers de l’hôtellerie à Paris, partage ses inquiétudes : "Utiliser ce type de mousse dans un bar est inacceptable. Cela ne respecte ni la sécurité ni la législation en vigueur".
Les réactions des proches des disparus sont empreintes d'une colère palpable. Laetitia Brodard, mère d'un adolescent porté disparu, a exprimé son désespoir : "Nous sommes des dizaines de parents dans l'attente d'informations, et nous ne demandons qu'à savoir où sont nos enfants. Ils souffrent seuls, il est inacceptable qu'on nous prive d'accès à ces informations".
Alors que l'identification des victimes s'annonce longue et difficile, la situation suscite un débat national sur la sécurité incendie dans les établissements recevant du public en Suisse. Les discussions se poursuivent autour de la réglementation sur l'utilisation des matériaux inflammables, dans un pays où la culture de la sécurité est traditionnellement forte, comme le rapportent plusieurs journaux français.
Les autorités et les enquêteurs promettent de poursuivre leurs efforts pour faire toute la lumière sur cette tragédie, tout en rappelant l'importance d’une protection stricte des consommateurs dans les environnements festifs.







