Lundi, le gouvernement allemand a annoncé un désaccord entre Airbus et Dassault Aviation concernant la construction d'un avion de combat commun, marquant ainsi l'arrêt du projet Scaf, qui devait incarner la coopération militaire européenne.
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a exprimé son indignation, qualifiant la décision d'« arrogant » et de « stupide » lors d'une conférence organisée par le think tank Friends of Europe. « Quelle perte de temps ! » a-t-il déclaré, insistant sur l'importance de développer des projets de défense en commun en vue des menaces géopolitiques actuelles.
« Penser qu’un pays puisse développer un avion de combat seul est une pure absurde. Cette décision est préoccupante pour l'avenir de la défense européenne », a-t-il ajouté. Cette vision est partagée par la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, qui parle d'une « très mauvaise nouvelle pour l'autonomie stratégique de l'Europe », affirmant que les intérêts industriels ont primé sur ceux de la sécurité et de la défense.
Initialement lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, le Scaf devait assurer la supériorité aérienne européenne à partir de 2040, remplaçant le Rafale en France et l'Eurofighter Typhoon en Allemagne. Le projet prévoyait un système de communication innovant reliant différents aéronefs, une approche qualifiée de « cloud de combat ».
Un abandon de ce type n'est pas en phase avec les défis actuels, notamment suite aux tensions avec la Russie et le désengagement des États-Unis. Comme l'indiquent plusieurs analystes, il est essentiel que les pays européens unissent leurs forces pour renforcer leur défense collective face à un environnement de sécurité de plus en plus complexe.
[Source: Sud Ouest]







