Le projet d’avion de combat européen, initié avec enthousiasme en 2017, prend fin. Récemment, les dirigeants d'Allemagne et de France ont statué sur l'abandon définitif de cette ambition commune, entravée par des désaccords significatifs entre Dassault Aviation et Airbus. En effet, les tensions entre les deux géants de l'aéronautique ont été telles qu’aucun terrain d’entente n'a pu être trouvé, entraînant une dépense collossale de trois milliards d'euros sans retour.
Au cœur de ces divergences, la répartition des responsabilités : Dassault a toujours été désigné comme le maître d'œuvre, mais a rejeté la proposition d'une direction partagée, condition sine qua non de l’autre partie. Selon un expert du secteur, « cette situation a été alimentée par une volonté de contrôle technologique et d'accès à la valeur industrielle », un point crucial dans le cadre des discussions entre les deux entreprises.
Par ailleurs, les interrogations relatives au transfert de technologies ont également joué un rôle déterminant. Dassault s’est opposé à toute idée de partager ses secrets industriels, craignant pour son leadership et sa souveraineté. Airbus, pour sa part, a insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans le cadre d'un projet cofinancé par les pays participants.
Les besoins opérationnels variés des différents partenaires ont également freiné le projet. Alors que l'armée française exigeait un appareil apte à opérer sur son futur porte-avions, avec une capacité de dissuasion nucléaire, les attentes allemandes et espagnoles se concentraient plutôt sur un intercepteur conventionnel, créant une incompatibilité qui s'est révélée insurmontable.
Le NGF, censé symboliser la puissance aérienne des trois nations à l'horizon 2040, devait remplacer à terme des avions emblématiques comme l'Eurofighter Typhoon et le Rafale. Cependant, l'abandon de ce projet ouvre également de nouvelles perspectives. Le système de combat aérien futur, le SCAF, qui devait accompagner le NGF, continue d'être développé en partenariat. Cela signifie que même si chaque pays se lancera dans la réalisation de son propre appareil, ils pourront opérer en synergie grâce à un réseau numérique partagé et une flotte de drones interconnectés.







