Des tensions palpables ont émergé au sein du conseil municipal de Talence, où la majorité centriste et l'opposition de gauche ont exprimé des visions starkement opposées concernant le CFU 2025, fruit de la fusion des comptes administratifs et de gestion, annoncé le 8 juin dernier. La présentation a mis en lumière des lignes de fracture déjà bien établies, comme rapporté par Sud Ouest.
Le maire Emmanuel Sallaberry étant absent, c'est son adjoint aux finances, François Jestin, qui a présenté une image optimiste de la situation financière, évoquant une légère hausse des dépenses de fonctionnement de moins de 1 % et une augmentation des recettes de 2,9 %. Selon lui, les soldes d'épargne augmentent de 24,9 %, tandis que la dette par habitant s'élève à 552 euros, indiquant une capacité de désendettement de quatre ans, largement en dessous du seuil d'alerte.
Cette situation financière solide permet à la ville de prévoir des investissements de 14,6 millions d'euros en 2025, visant des projets ambitieux tels que le château des Arts et le groupe scolaire Albert-Camus, en attendant la réalisation d'un planétarium.
Des critiques acerbes de l'opposition
Isabelle Rami, cheffe de file de l'opposition, a focalisé ses critiques sur les 9,6 millions d'euros de restes à réaliser, considérés comme un symbole d'un décalage entre les promesses et la réalité. Elle a déclaré : "Les Talençais vivent dans une ville telle qu’elle est aujourd'hui, pas dans des projections futuristes." Cette position soulevait des questions quant à la pertinence de nouveaux projets phares dans le contexte actuel.

François Jestin, en réponse, a souligné une diminution des restes à réaliser, allant de 13 à 6 millions d'euros entre 2022 et 2025, fustigeant les critiques de l'opposition. "Les élections ont validé un projet clairement affiché, nous le mènerons à bien", a-t-il affirmé à propos du planétarium.
Le débat a également glissé vers la gestion du Département et de Bordeaux Métropole, avec le sénateur Alain Cazabonne citant Marc Aurèle pour défendre la gestion municipale. D'autres sujets tels que le budget supplémentaire pour 2026 et les activités sportives ont également alimenté les échanges.
Malgré ces tensions, deux moments de concorde ont marqué la séance, incluant des discussions autour de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac et d'une motion contre la fermeture de classes et pour le maintien des moyens éducatifs. Ces débats montrent que, malgré des visions divergentes, certaines préoccupations communes peuvent encore rassembler les élus.







