Aurore Bergé, la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a été l'invitée de France 2, au cours d'une interview diffusée le 9 juin. Cette rencontre a mis en lumière des enjeux cruciaux concernant les violences sexuelles au sein de la société française.
Des mesures en discussion pour le projet de loi
Lors de cette émission, elle a abordé le projet de loi sur la protection de l'enfance que le Premier ministre va détailler le 15 juillet à l'Assemblée nationale. Aurore Bergé a insisté sur la nécessité d'inclure des mesures spécifiques pour lutter contre les violences sexuelles ciblant à la fois les enfants et les adultes, surtout les femmes. "La colère des Français face à ces révélations est légitime", a-t-elle affirmé, soulignant la nécessité de maintenir cette indignation pour continuer à promouvoir la protection des plus vulnérables.
"Nous envisageons notamment d'aborder la question des règles de prescription, un sujet que je défends depuis de nombreuses années", a-t-elle révélé. L'idée d'imprescriptibilité des crimes sexuels contre les enfants est un objectif central, afin d'assurer que les agresseurs ne trouvent jamais refuge dans le temps.
Accès à la justice pour les victimes
Aurore Bergé a été interrogée sur le sens d'un procès des décennies après les faits, et a réagi en défendant le droit des victimes d'avoir accès à la justice, même après plusieurs années. "L'important est d'aspirer à un cadre légal qui permette la réouverture de ces dossiers", a-t-elle précisé. Elle a défendu la nécessité pour les victimes d'avoir cette possibilité, et d'améliorer le recueil de preuves, notamment lors de dépôts de plaintes à l'hôpital, où l'urgence de leur situation doit être prise en compte.
Un changement de culture nécessaire
Elle a également signalé que de nombreux enfants et leurs mères se retrouvent dans une position délicate lorsque ces crimes sont dévoilés. "Il est impératif de changer cette culture qui semble favoriser le doute autour des victimes et ne pas suffisamment écouter leur parole". Aurore Bergé a fermement déclaré que la protection de ces témoins doit devenir une priorité.
Dans un contexte où des slogans tels que "le système protège les agresseurs" émergent dans les manifestations, elle a reconnu que le système judiciaire actuel ne répond pas toujours aux attentes. "Les victimes ont l'impression qu'on leur demande de tout prouver, souvent sans soutien adéquat. C'est inacceptable", a-t-elle conclu.
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