Les autorités européennes tirent la sonnette d'alarme face à une consommation de drogues de plus en plus risquée. L'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA) a récemment publié son rapport annuel, révélant que 7 600 décès liés à des surdoses ont été enregistrés en 2024 dans les 29 pays concernés, dont les 27 de l'Union européenne. Magnus Brunner, le commissaire européen chargé des Affaires intérieures et de la Migration, a souligné l'ampleur de cette problématique de santé publique.
De nouveaux opioïdes de synthèse en forte augmentation
Le rapport met en lumière l'inquiétante diversité des substances psychoactives disponibles, avec une détection de nouvelles substances psychoactives (NSP) à un rythme d'environ une par semaine. En 2025, 50 NSP ont été signalées, portant à 1 050 le nombre total de substances suivies par l'EUDA. Lorraine Nolan, directrice exécutive de l'agence, a noté que cette situation augmente le risque que des consommateurs prennent des drogues très puissantes sans en avoir conscience.
Les cannabinoïdes de synthèse, souvent ajoutés à des produits à base de cannabis, n'échappent pas à l'attention de l'EUDA, qui avertit que leur grande disponibilité pourrait entraîner une adoption par des usagers plus jeunes, augmentant ainsi les risques d'effets nocifs. De plus, les nouveaux opioïdes de synthèse comme les nitazènes sont devenus un point de préoccupation majeur, apportant leur lot de risques pour la santé publique.
La polyconsommation, qui consiste à associer différentes drogues, est également en forte hausse, propageant des dangers accrus. L'EUDA appelle donc à une mobilisation importante en faveur de la prévention, du traitement et de la réinsertion sociale des consommateurs, un message qui résonne avec celui du Dr. Jean-Pierre Danel, expert en santé publique : « Il est impératif d'améliorer l'éducation et l'accès à des soins adaptés pour endiguer cette épidémie de surdoses ».







