Un rapport de l'Agence européenne sur les drogues (EUDA) révèle une situation préoccupante avec plus de 7600 décès par surdose signalés dans 29 pays, dont les 27 de l'Union européenne. Ce document, publié mardi, expose la «large disponibilité» de produits psychoactifs de plus en plus variés, ce qui soulève des inquiétudes quant aux risques pour la santé publique. Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures, souligne l'ampleur tragique du phénomène.
Selon Lorraine Nolan, directrice exécutive de l'EUDA, «les marchés des drogues évoluent à un rythme effréné, et la variété des substances sur les marchés européens devient chaque jour plus imprévisible. Cela entraîne des risques majeurs, car les utilisateurs peuvent ingérer des drogues très puissantes sans le savoir». L'agence met aussi en avant la tendance à la polyconsommation, exacerbant les dangers liés à la prise de plusieurs substances simultanément.
Le rapport s'attarde sur l'évolution des habitudes de consommation et du trafic de stupéfiants en Europe, mais aussi en Norvège et en Turquie. Il est alarmant de constater que de nouvelles substances psychoactives (NSP) sont identifiées à un rythme d'environ une par semaine. En 2025, 50 NSP avaient été signalées pour la première fois sur le continent, portant à 1050 le nombre total des substances surveillées par l'EUDA.
L'augmentation de l'offre de produits à base de cannabis pose des problèmes de santé publique. Une augmentation de l'adultération des produits à base de cannabis par des cannabinoïdes de synthèse s'accompagne d'une large disponibilité de cannabinoïdes semi-synthétiques, accroissant les risques pour les consommateurs. L'EUDA alerte également sur leur utilisation sous des formes attractives pour les jeunes, comme les cigarettes électroniques et les produits comestibles.
Les nouveaux opioïdes de synthèse représentent une menace croissante, avec sept nouveaux types signalés en 2025, allant des nitazènes aux orphines. Ce système d'alerte précoce, mis en place depuis 1997, vise à répondre rapidement à ces nouvelles menaces. Par ailleurs, l'utilisation détournée de la kétamine, un anesthésique, devient de plus en plus courante, notamment dans les milieux nocturnes prisés par les jeunes.
La consommation de cocaïne reste élevée dans toute l'Europe, avec environ 4,3 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans l’ayant consommée l'année dernière. Le rapport révèle également des changements dans les méthodes de trafic, les criminels diversifiant leurs itinéraires pour échapper à la détection, parfois en utilisant des ports moins surveillés, des vedettes rapides et même des drones.
Il est noté que de plus en plus de cannabis provient de pays comme le Canada et les États-Unis, tandis que le volume de cocaïne intercepté a connu une baisse par rapport aux années précédentes, malgré une augmentation du nombre de saisies. L'EUDA suggère que cela pourrait indiquer une stratégie des trafiquants visant des envois plus petits pour éviter les contrôles.







