La bonne question - À 15 heures, vous ressentez l'envie d'un carré de chocolat. Est-ce vraiment de la faim ou juste une envie sucrée ? Explorons cette interrogation.
Ne sous-estimez pas cette question. Il est facile de céder à la tentation de picorer une douce friandise après le déjeuner. Mais comment savoir si c'est une véritable faim, un ennui ou un besoin de réconfort sucré pour affronter l'après-midi ? Trois experts partagent leurs perspectives pour mieux comprendre notre corps.
Différences fondamentales
Il existe des différences marquées entre la sensation de faim et l'envie de grignoter. "La faim peut provoquer des crampes digestives qui peuvent être confondues avec des douleurs abdominales traditionnelles. En revanche, l'envie de manger n'entraîne généralement pas de telles réactions", précise Rebecca Shankland, psychologue et enseignante à l'université de Grenoble. Jacques-Pascal Cusin, expert en nutrition, ajoute que « l'instinct de survie motive la faim, alors que c'est un besoin psychologique qui pousse au grignotage ». Ainsi, le corps signale une vraie nécessité alimentaire en activant certains mécanismes. C'est pourquoi il est déconseillé de faire des courses avec un ventre vide, car on risque de remplir son chariot de produits superflus. En revanche, la simple envie de grignoter ne suscite pas ces alertes.
Moments propices au grignotage
Les émotions difficiles favorisent le grignotage.
À côté des éléments physiques, notre état d'esprit joue un rôle prépondérant dans nos choix alimentaires. Les moments de stress, de tristesse ou de frustration peuvent amplifier l'envie de grignoter, car la nourriture devient une source de réconfort. En outre, les distractions, comme les écrans, nous éloignent de nos sensations réelles. "On peut facilement engloutir un paquet de biscuits sans nous en rendre compte", souligne Shankland.
De plus, les dynamiques sociales au bureau peuvent exacerber nos envies. Voir un collègue partager des douceurs peut conduire à refléter cette envie. Florence Waxin, diététicienne nutritionniste, met également en avant l'influence constante de la publicité alimentaire, qui nous attire vers des mets alléchants.
Attraction pour le sucré et le gras
Pour de nombreuses personnes, l'envie de grignoter se concentre souvent sur les aliments sucrés ou gras. Cela s'explique par leur association à des sensations de plaisir. "Quand on veut grignoter, très peu choisira des fruits ou des légumes. Le goût sucré reste l'un des plus réconfortants depuis l'enfance, car c'est le premier goût que l'on découvre grâce au lait maternel", explique Cusin.
En effet, dès qu'un aliment sucré ou gras entre dans notre bouche, le circuit de la récompense dans notre cerveau s'active, rendant ces aliments très convoités lors de moments de stress ou de fatigue. Rebecca Shankland conclut en soulignant le fort potentiel de réconfort que ces aliments apportent.







