Le chlorate de soude, autrefois très utilisé pour combattre les mauvaises herbes dans les jardins, est aujourd'hui interdit. Quelles sont les raisons de cette interdiction et quelles alternatives efficaces peuvent être envisagées pour le désherbage ? Cet article en parle en détail.
Qu'est-ce que le chlorate de soude ?
Le chlorate de soude, ou chlorate de sodium, est un puissant oxydant chimique dont la composition est NaClO3. Il est obtenu par un processus d'électrolyse d'une solution de saumure, générant des cristaux qui se présentent sous la forme d'une poudre blanche ou légèrement jaunâtre. Ce produit pouvait être utilisé tel quel ou dissous dans l'eau.
Bien qu'il ait trouvé une utilisation dans le domaine pyrotechnique, ses propriétés explosives et les gaz irritants qu'il dégage lors de sa combustion le rendent dangereux.
La vente de ce désherbant est désormais prohibée depuis janvier 2010 en France, et son utilisation en pyrotechnie a également été interdite dans la plupart des pays européens.
Un usage répandu mais dangereux
Durant plusieurs décennies, le chlorate de soude était prisé pour sa rapidité d'action et son efficacité inégalée. Cet herbicide total, capable de détruire n'importe quelle plante, y compris les végétaux ornementaux, était couramment utilisé pour contrôler la végétation dans des zones non cultivées comme les terrasses et les allées.
Il était aussi employé pour le défanage des pommes de terre, facilitant ainsi la récolte. Sa puissance était telle qu'il suffisait d'appliquer le produit sur les souches d'arbres pour les dessoucher. De plus, son efficacité pouvait durer entre trois et six mois sur la zone traitée, ce qui le rendait accessible et populaire.
Les raisons de son interdiction
Le chlorate de soude a été interdit pour plusieurs raisons. Sa nature non sélective le rend dangereux, car il atteint non seulement les mauvaises herbes, mais aussi les plantes désirées. Cette caractéristique est partagée par de nombreux herbicides, y compris certains d'origine naturelle.
De plus, l'exposition et l'inhalation de ce produit peuvent être toxiques pour les humains, tandis qu'il présente un risque important pour les animaux de compagnie et d'élevage, pouvant causer des intoxications graves, voire mortelles. Son utilisation en pyrotechnie a entraîné des accidents dus à des explosions.
Enfin, sa forte rémanence pose problème : il persiste longtemps dans le sol et peut contaminer les nappes phréatiques, rejoignant ainsi rivières et sources d'eau. Malgré sa dilution sur le marché, le chlorate de soude reste dangereux, et son interdiction s'inscrit dans un cadre plus large où les produits phytosanitaires de synthèse sont désormais prohibés pour les particuliers depuis 2019, et pour les collectivités depuis 2017.
Cependant, il est encore possible de trouver ce type de produit en ligne ou d'utiliser d'anciens stocks, souvent par ignorance ou indifférence des utilisateurs.
Alternatives écologiques au désherbage
Heureusement, de nombreuses alternatives existent pour désherber naturellement. Bien que ces solutions ne soient pas forcément sélectives, elles restent bien moins polluantes et impactent moins l'environnement :
- Eau bouillante : Verser de l'eau de cuisson encore chaude sur les zones à désherber brûle les racines des plantes indésirables. Prendre garde à ne pas utiliser de l'eau salée, car cela pourrait nuire aux sols.
- Vinaigre blanc : Produit biodégradable et non toxique, le vinaigre blanc, dilué à 50% avec de l'eau, peut brûler les parties aériennes des plantes. Il n'a pas d'impact significatif sur l'environnement si utilisé avec précaution.
- Paillage : Couvrir le sol avec une couche de matériaux (paille, gravier, feuilles) limite la croissance des mauvaises herbes tout en préservant l'équilibre du sol. Le paillage doit être renouvelé régulièrement.
- Outils manuels : Éliminer les mauvaises herbes manuellement peut être long, mais c'est une méthode naturelle. L'utilisation d'outils comme la binette ou le couteau facilite cette tâche, en particulier après des pluies où le sol est meuble.







