Depuis la campagne présidentielle, Emmanuel Macron exprime son intention de réformer le système de retraite afin d'unifier les 37 régimes existants. Un défi de taille qu'il entend relever pour simplifier la retraite des Français.
Un projet ambitieux
En 2018, le gouvernement a ouvert le chantier de la réforme des retraites. Emmanuel Macron souhaite instaurer un régime "universel" : chaque euro de cotisation devrait offrir les mêmes droits à pension, peu importe le secteur ou le statut. Jean-Paul Delevoye, ancien président du Conseil économique, social et environnemental, a été mandaté pour piloter cette mission en septembre 2017.
Le calendrier de la réforme
Les travaux sous la direction de Delevoye devraient déboucher sur un projet de loi, dont la présentation était initialement attendue au premier semestre 2018. Toutefois, le calendrier a été quelque peu assoupli. Lors d’une visite dans le Nord fin 2017, Delevoye a évoqué un texte potentiel pour début 2019, mais l’aspiration du président à démarrer rapidement des réformes majeures pourrait accélérer le processus.
Les nouvelles options de retraite
La retraite par annuités, fondée sur les trimestres cotisés, serait abandonnée au profit de deux systèmes : la retraite par points et celle par comptes notionnels. Ce dernier, mis en place en Suède en 1998, est déjà un modèle de référence.
Retraite par points : un dispositif en évolution
En France, le système de retraite par points existe pour les salariés du secteur privé grâce aux régimes Agirc et Arrco, qui défendent la part complémentaire de la pension. Les salariés accumulent des points convertis en rente au moment du départ, suivant la valeur du point à ce moment-là. Dans le futur régime unifié, ce calcul se ferait intégralement en points.
Les comptes notionnels : une solution innovante
Le système de comptes notionnels permet de constituer un capital virtuel correspondant aux cotisations. Lors du départ à la retraite, ce capital est transformé en pension, prenant en compte l'âge de départ et l'espérance de vie.
Les changements à anticiper
- Toute la carrière sera désormais prise en compte, abolissant les calculs différents selon le statut.
- Les périodes d'interruption de travail affecteront les montants de cotisation cumulée, avec néanmoins des garanties pour ceux ayant interrompu leur carrière pour des raisons précises.
- Le futur système reposera sur des cotisations définies, ce qui soumet les pensions aux aléas économiques.
Âge de départ et logique de répartition
Emmanuel Macron a confirmé que l’âge légal de la retraite, actuellement fixé à 62 ans, ne changera pas. Cependant, le calcul des pensions sera influencé par l’intégralité de la carrière. La dynamique de répartition restera également, signifiant que les cotisations des actifs financeront les pensions des retraités, intégrant des mesures de solidarité.
Les défis de la réforme
- La réforme s’appliquera à tous les actifs, mais nécessitera une pédagogie pour expliquer les changements aux différentes catégories.
- À court terme, le besoin de financement pourrait grimper à 9 milliards d'euros d'ici 2021, posant la question de la viabilité du nouveau système.
- Un délai de transition de dix ans est envisagé, permettant une adaptation progressive au nouveau régime.
La réforme des retraites est donc sur toutes les lèvres, avec un calendrier encore flou, mais des principes qui commencent à se dessiner. Les prochaines étapes seront cruciales pour comprendre comment ce nouveau système confiscateur des acquis des uns et des autres sera mis en place.







