Suite à l'arrestation de Jérôme Barella, suspect principal dans la mort de Lyhanna, l’attention se concentre sur les nombreuses plaintes et signalements à son encontre. Les manquements dans la gestion des dossiers judiciaires mettent à jour une réalité troublante.
À 41 ans, Jérôme Barella avait déjà un passif inquiétant : un signalement pour une "relation" avec une mineure en 2017, une procédure de licenciement en 2020 pour des comportements inappropriés avec une étudiante, une plainte de viol sur une enfant de 7 ans en 2022 (classée sans suite), et d'autres accusations qui n'ont jamais été suivies d'effets, comme un signalement en mars 2026.
La plainte récente a remis sur le devant de la scène les lacunes dans la réponse judiciaire. Des experts, comme le général Jacques Fombonne, ancien commandant de la gendarmerie, critiquent le logiciel Cassiopée : "Il est essentiel pour la gestion des procédures, mais il est devenu obsolète et dysfonctionnel. Cela retarde les enquêtes." Ce système, qui date de 20 ans, est souvent saturé, rendant son utilisation pénible et peu fiable.
Obsolescence numérique dans les enquêtes
Les problèmes techniques liés à Cassiopée ne sont pas des cas isolés. David Sénat, magistrat, confirme que le logiciel ne suit pas les récentes réformes législatives et qu'il souffre souvent de pannes. "C’est un environnement dépassé et le ministère en est conscient", souligne-t-il.
D'autres outils comme Salvac, utilisé par les forces de l'ordre, font également l'objet de critiques. Bien qu'inspiré du système du FBI, il ne dispose pas toujours des données nécessaires pour croiser efficacement les informations entre les différentes affaires criminelles.
Charge de travail accablante pour les enquêteurs
Au-delà des outils, la surcharge de travail des officiers de police judiciaires (OPJ) joue un rôle crucial dans les lenteurs des enquêtes. Me Nathan Benhamou, avocat spécialisé, explique que "les plaintes s'accumulent et sans ressources suffisantes, les enquêtes stagnent." Pour avancer un dossier, il est souvent nécessaire de relancer les institutions par des appels incessants, un processus épuisant pour des agents déjà surchargés.
En moyenne, entre la commission d'une infraction et la décision de justice pour des cas de viol sur mineur, il s'écoule 7,3 ans, un délai inacceptable qui met en lumière l'urgence d'une réforme du système judiciaire pour protéger les plus vulnérables.







