Dans un revirement sans précédent, Péter Magyar, triomphant aux récentes élections législatives hongroises, a appelé le président Tamas Sulyok à démissionner dès l'installation de son gouvernement, promettant aux Hongrois un « changement radical ».
Ce message fort, posté sur son compte X après sa visite au palais présidentiel, souligne la rupture avec l’ère précédente incarnée par Viktor Orbán. Magyar n'a pas mâché ses mots : « Il est indigne de représenter l’unité de la nation et n’est pas apte à être notre modèle moral. » Cette critique acerbe trouve son origine dans l’étroite relation de Sulyok avec l’ancien premier ministre, ce qui alimente les tensions au sein de la sphère politique.
Péter Magyar a justifié sa demande : « Nous devons préserver ce qui reste de l’État de droit et de la démocratie. » Si Sulyok refuse de céder, Magyar a indiqué envisager une modification de la loi fondamentale pour le destituer, ainsi que les autres figures nommées par Orbán à des postes clés.
Le président Sulyok a, pour sa part, réagi de manière « énigmatique », en affirmant qu’il souhaitait maintenir l’intégrité de l’État de droit et s’intéresserait aux « arguments en faveur de son départ ».
Péter Magyar a aussi annoncé que Sulyok pourrait convoquer l’Assemblée nationale bientôt, possiblement au début mai, pour discuter des prochaines étapes politiques. Au cours de cette séance, Magyar se verra proposer la formation d’un nouveau gouvernement.
Avec le soutien d’une majorité écrasante de 138 sièges sur 199, Magyar a l’opportunité d’initier des réformes majeures. Il vise à restaurer les institutions démocratiques que l’ancien régime a considérablement polariser avec des dérives autoritaires. Cela inclut la relance des fonds européens gelés suite à des préoccupations sur l’état de droit en Hongrie.
Parmi ses priorités, le futur premier ministre a parlé de la mise en place de mesures anticorruption, de l'adhésion de la Hongrie au Parquet européen et de l’amélioration de l’indépendance judiciaire, de la liberté des médias et de la recherche.
Alors que l’administration sortante continue de gérer les affaires courantes, Péter Magyar rappelle que celle-ci ne lui a pas encore fourni d'informations nécessaires à la transition. En parallèle, il a exprimé sa satisfaction face au soutien exprimé par le président américain Donald Trump, qui a promis son soutien à ses futurs efforts.
Magyar conclut en réaffirmant son engagement à inviter des leaders internationaux à Budapest pour célébrer le 70e anniversaire de la révolution de 1956, un geste symbolique pour un nouveau départ en Hongrie.







