Des bombardements russes en Ukraine ont engendré la mort d'au moins 19 personnes entre mercredi et jeudi, affectant particulièrement Kiev et Odessa, comme l'ont rapporté les autorités ukrainiennes.
"C'est tout simplement atroce. Les frappes n'ont pas cessé, pas même pour un instant", a dénoncé Tetiana, habitante d’Odessa, dont les fenêtres ont été brisées par l'impact.
Les attaques ont également laissé au moins 111 blessés à travers le pays, selon les informations en provenance de diverses localités.
Le ministère russe de la Défense a défendu ces agressions, soulignant qu'elles ciblaient des infrastructures militaires et énergétiques essentielles pour l'armée ukrainienne, affirmant avoir atteint toutes les cibles visées.
Lors d'une visite aux Pays-Bas, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rendu hommage aux victimes, qualifiant les morts de "civils innocents, des enfants perdus à cause de la folie de la Russie".
La dynamique des négociations entre Moscou et Kiev pour mettre fin à cette confrontation est au point mort, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, qui a détourné l'attention internationale.
- "une attaque odieuse" -
Depuis le début de l'invasion en 2022, la Russie intensifie ses attaques contre l'Ukraine, bombardant régulièrement le pays avec des missiles et des drones. Au cours des dernières 24 heures, au moins 659 drones et 44 missiles ont été lancés, selon l'armée ukrainienne, qui a pu en intercepter une partie.
Antonio Costa, président du Conseil de l'Union européenne, a qualifié ces frappes de "nouvelles attaques odieuses", précisant que la guerre d'agression de la Russie a échoué, la conduisant à terroriser délibérément les civils.
Volodymyr Zelensky a ajouté que la Russie "n'aura droit à aucune levée de sanctions" à cause de son comportement belliqueux.
Le ministre américain des Finances a annoncé la non-prolongation de la suspension des sanctions touchant le pétrole russe, une mesure initialement adoptée pour compenser la hausse des prix du carburant due au conflit au Moyen-Orient.
La Russie, par la voix de son porte-parole, a évalué cette décision comme "prévisible" et a affirmé avoir appris à vivre avec les sanctions.
- "ensevelis par les décombres" -
Des milliers de civils ont perdu la vie en Ukraine depuis le début de l'invasion. La dernière offensive nocturne a causé plusieurs décès à Odessa, témoignant de l'ampleur de la tragédie.
"Nous avons été réveillés par une explosion et nous avons été ensevelis sous les débris", a rapporté Roman, un résident. "Ma femme a sauvé notre petit garçon, mais son état est critique", a-t-il ajouté.
À Kiev, quatre victimes ont également été déplorées, dont un enfant de 12 ans, tandis que 48 autres ont été blessées. Ieva, une jeune femme, a partagé son désespoir, "ma mère et mon petit frère ont miraculeusement survécu, mais notre maison est réduite à néant".
Des témoins à Kiev ont rapporté avoir entendu des explosions puissantes et vu de grands panaches de fumée se dégager du centre de la ville au matin.
Dans la région de Dnipropetrovsk, cinq autres personnes ont perdu la vie, et une de plus à Merefa, au nord-est. Plus tard dans la journée de jeudi, une attaque contre une station-service près de Soumy a encore fait une victime.
Du côté russe, une adolescente et une femme ont été tuées lors d'une attaque nocturne de drones ukrainiens contre Touapsé, selon les autorités régionales. Cette ville, qui abrite une raffinerie, a subi plusieurs frappes dans le passé.
Le ministère russe a affirmé avoir intercepté 207 drones durant cette nuit d'horreur.







