Coup du sort inattendu : le navire de croisière Hondius a été contraint de s'amarrer d'urgence au port de Granadilla aux Canaries. Cela fait suite à un foyer d'hantavirus détecté à bord et a nécessité l'interruption des évacuations des 28 derniers passagers.
Le ministère espagnol de la Santé a communiqué que le navire resterait au port le temps nécessaire pour assurer la sécurité de tous, passagers comme évacuateurs. L'opération d'accostage s'est déroulée peu après 16H30 GMT.
Les autorités des îles Canaries avaient exprimé des préoccupations majeures concernant cet accostage, suggérant que le Hondius aurait dû se diriger vers le Cap-Vert, point final de sa croisière.
Le départ initialement programmé à 18H00 GMT a dû être réévalué. Deux avions étaient prévus pour évacuer en soirée les 28 passagers, parmi lesquels quatre Australiens. Ce détail a été confirmé par le ministère de la Santé.
En parallèle, 26 membres de l'équipage resteront à bord pour ramener le navire vers les Pays-Bas, en incluant le corps d'une Allemande décédée suite à une contamination, comme l'a rapporté Mónica García sur X.
Pour préparer le voyage à destination de Rotterdam, le bateau a reçu un approvisionnement en carburant et en nourriture.
Si toutes les évacuations se concrétisent, cela fera un total de 122 personnes évacuées en moins de 48 heures, une opération largement qualifiée d'inédite par les autorités espagnoles.
- "Rentrer en bonne santé" -
Dans une vidéo diffusée par Oceanside Expeditions, le commandant du Hondius a exprimé son souhait que tous rentrent sains et saufs, insistant sur les responsabilités qui pèsent sur ses épaules en tant que capitaine.
Jusqu'à présent, parmi les 94 croisiéristes et membres d'équipage évacués, un Américain et une Française ont été déclarés positifs à l'hantavirus, qui peut entraîner un syndrome respiratoire aigu.
Sur ce sujet délicat, Mónica García a affirmé que toutes les mesures de précaution avaient été prises, notamment en ce qui concerne les tests PCR qui devront être réalisés dans les pays d'origine des passagers une fois rapatriés.
Trois personnes ayant voyagé à bord ont perdu la vie, et l'OMS a confirmé des cas d'infection à l'hantavirus dans deux des cas, tandis qu'un troisième est considéré comme probable. En tout, six cas confirmés et un cas probable ont été recensés, selon les données de l'AFP.
- "Possibilité" de futurs cas -
Face à la persistance de l'incertitude et à la longue période d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines, Pamela Rendi-Wagner, responsable d'une agence sanitaire européenne, a averti que de nouveaux cas pourraient apparaître au sein des anciens passagers.
Un autre passager américain montre des symptômes légers, et le gouvernement français a identifié 22 contacts en France, sans toutefois créer de panique au sein de la population.
Pour beaucoup, la situation rappelle les débuts de la pandémie de Covid-19, bien que l'OMS souligne que cette crise ne présente pas des caractéristiques similaires à celle de 2020.
De plus, l'hantavirus détecté à bord du Hondius est une souche rare, transmissible d'humain à humain. Généralement, ce virus se propage par des rongeurs infectés, notamment à travers leurs excréments et leur salive.
Les évacués, identifiés comme des "contacts à haut risque" par l'OMS, devront être surveillés pendant plusieurs semaines et placés en quarantaine, conformément aux protocoles de santé des différents pays.
Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique en Argentine, a insisté sur l'importance de l'isolement des malades pour briser la chaîne de transmission.
Enfin, une rencontre entre le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est prévue à Madrid, marquant la seconde réunion en moins d'une semaine.







