Suite à l'accord entre l'Iran et les États-Unis, Donald Trump intensifie son pression sur les partenaires commerciaux, en ciblant cette fois les vins et spiritueux français. Le président américain menace de considérablement augmenter les droits de douane sur ces produits emblématiques.
Le soulagement offert par l'accord du 14 juin s'est rapidement terni alors que Trump brandit l'épée de Damoclès de nouveaux droits de douane. Cette menace mérite d'être prise au sérieux, même si la capacité de Trump à faire la différence entre un rapport de force et une simple intimidation reste souvent obscure.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump n'a pas hésité à imposer des droits de douane de 15 % sur les vins et spiritueux. Il menace maintenant de porter ces taxes à 100 % sur tous les vins et champagnes importés des terres françaises si la France ne lève pas sa taxe sur les services numériques, instaurée il y a sept ans pour taxer à 3 % les revenus des géants du numérique comme Google ou Amazon.
Les vins et spiritueux : une cible privilégiée de Donald Trump
Ce n'est pas la première fois que Trump use de cette arme. Au fil des mois, il a menacé de relever les droits de douane sur les alcools européens. En mars 2025, au cœur d'une guerre commerciale avec l'Union Européenne, il avait même envisagé une taxe de 200% sur les vins et champagnes en riposte à des mesures européennes concernant le whisky américain. Cette tension a été une constante, notamment début 2026 lorsque Trump, vexé par le refus d'Emmanuel Macron de participer à son "Conseil de la paix", a de nouveau brandi sa menace. Pourtant, jusqu'à présent, cela n'avait entraîné aucun changement significatif.
Le choix de Trump de s'en prendre aux vins et spiritueux s'explique par leur valeur symbolique en tant qu'icône française. L'industrie viticole est en effet particulièrement dépendante du marché américain, qui représente plus d'un tiers des exportations françaises de cognac et près de la moitié des exportations de liqueurs. Selon des données de la filière, les droits de douane en vigueur auraient causé une chute des ventes de champagne et de vin, entraînant un manque à gagner estimé à 3 milliards d'euros par an.
En parallèle, les producteurs font également face aux effets du réchauffement climatique, ayant pu affecter plusieurs récoltes en raison de canicules récurrentes. À ce sujet, Emmanuel Macron assure que "ça ne se passera pas comme ça" et qu'il compte engager une discussion "ferme mais respectueuse" avec Trump lors du prochain G7 à Évian. Reste à voir si ces échanges pourront dissuader le président américain d'appliquer ses menaces. Dans l'éventualité d'une telle mise en œuvre, les options de réponse de la France seraient considérablement limitées.







