Les réseaux sociaux sont devenus un véritable carrefour où se croisent les influences des diverses religions. Ces plateformes, prisées par les jeunes, s'imposent comme des canaux efficaces pour transmettre des messages spirituels et élargir les communautés de croyants.
Ce texte reprend une partie des retranscriptions d'un reportage. Pour voir la vidéo complète, cliquez ici.
À Vincennes, dans le Val-de-Marne, la messe du dimanche soir attire de plus en plus de jeunes, séduits par un format qui fusionne modernité et spiritualité. La musique moderne, telle que la guitare, remplace les instruments traditionnels, et après l'office, les nouveaux croyants se retrouvent dans un environnement convivial, peuplé de tables de ping-pong et de projections vidéo.
Le Père Christophe Brunet souligne : "Cinquième semaine sur sept, nous avançons dans notre carême ensemble". À travers des vidéos comme 'Coach Carême', il s'adresse aux 18-35 ans, modifiant ainsi l'image parfois vieillotte de la messe. "Cette approche leur parle davantage", affirme un fidèle, partagé entre tradition et modernité.
Un langage moderne pour le message divin
Les chiffres témoignent d'une effervescence spirituelle : cette année, plus de 13 000 adultes ont été baptisés en France, un chiffre triplé par rapport à cinq ans auparavant. Le Père Vincent Breynaert explique que les réseaux sociaux sont devenus essentiels. "Les jeunes vivent sur ces plateformes, où l'Évangile doit être présent. Nous utilisons les codes de ces espaces pour partager la parole de Dieu, tout en conservant son essence : l'amour", s'enthousiasme-t-il.
'Coach Carême' bénéficie d'installations modernes pour produire des contenus engageants. "Allez, c'est parti, je lance le direct sur Instagram", lance un régisseur, prêt à capter l’attention des internautes.
Ce soir-là, Benoît Gélébart dirige un direct où un prêtre et une jeune croyante discutent avec une centaine d’internautes. "Mon rôle est de faciliter les échanges, je suis là pour répondre aux questions tout en étant le médiateur", explique le producteur de vidéos, déterminé à transmettre la foi à travers tous les supports disponibles.
Un accompagnement spirituel à l’ère numérique
Ce phénomène d’engagement religieux s'étend également aux autres confessions. Devant la Grande Mosquée de Paris, des jeunes musulmanes expriment leur gratitude envers les réseaux sociaux pour leur accompagnement spirituel. "J'apprécie vraiment ce que les influenceurs spiritualistes proposent. Elles nous poussent à nous améliorer dans notre pratique", témoigne Lyna Mahiout, étudiante. "Pendant le ramadan, je me suis appuyée sur Instagram plus que sur autre chose", ajoute Sylia Ariouat.
Cependant, l'univers en ligne n'est pas exempt de dérives. Des leaders religieux soulignent les risques liés à certaines figures d'influence. Khaled Larbi, Imam de la Grande Mosquée de Paris, met en garde contre "les pseudo-Imams qui profèrent des discours alarmistes", déclarant que "cela peut avoir un impact néfaste".
Malgré ces avertissements, la tendance séduit de plus en plus de personnes. Selon les données de l'Église catholique, près de 10 % des nouveaux baptisés attribuent leur parcours spirituel à une influence sur les réseaux sociaux, témoignant de la capacité de ces plateformes à rapprocher les individus de la foi.







