Le centre des congrès de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, accueille désormais un monumental hommage à la Shoah, intitulé "Pierres de souvenir". Cette œuvre, culminant à six mètres de hauteur, a été inaugurée le dimanche 25 avril en présence de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale et native de Nancy. L’artiste Arik Levy, à l’origine de cette création, a exprimé que "la sculpture représente le lien entre le passé et l’avenir".
Dans le cadre des commémorations de la journée nationale du souvenir de la déportation, plusieurs cérémonies ont eu lieu à Nancy, notamment au parc Charles III et au cimetière de Préville, où Braun-Pivet a rendu hommage à la mémoire de ses grands-parents, victimes de la déportation. "Être à Nancy avec cette histoire familiale m'a profondément ému, car cela témoigne de ce qu'est la République française", a-t-elle déclaré. "Je préfère mettre en avant l’histoire de ma famille plutôt que les actes antisémites qui persistent encore aujourd'hui", a-t-elle ajouté.
Effectivement, les chiffres relatifs à l'antisémitisme restent alarmants : 1 320 incidents ont été rapportés par le ministère de l'Intérieur, une baisse de 15% par rapport à l'année précédente, mais des niveaux qui demeurent très significatifs. "Sur les 25 dernières années, ces chiffres n'ont jamais été aussi élevés qu'au cours des trois dernières années, notamment après l'attentat du 7 octobre 2023", a précisé le ministère.
La présidente a également souligné l'importance d'une nouvelle loi sur la lutte contre l'antisémitisme, tout en rappelant que "la loi peut beaucoup, mais elle ne peut pas tout ; là où il y a des citoyens engagés, il y a espoir". Ce projet de loi devrait rapidement être mis en avant, alors que la mobilisation citoyenne est plus que jamais nécessaire.
Ce monument, symbole de mémoire et d’engagement, est un appel à la sensibilisation sur les atrocités de la Shoah, où six millions de victimes ont perdu la vie. Le maire de Nancy, Mathieu Klein, a évoqué les parcours de vie quotidienne de ceux qui ont été touchés par cette tragédie. Il a fait le lien entre cette nouvelle sculpture et d'autres monuments dédiés aux victimes de la déportation, soulignant que "la Shoah n'était pas une abstraction théorique, mais une réalité vécue par des milliers d’hommes, de femmes et d'enfants dans les rues de Nancy".







