Une étude récente menée par l'association Mountain Wilderness dévoile l'ampleur de la pollution sonore sur la célèbre route des crêtes dans le massif des Vosges. Entre juillet 2024 et novembre 2025, des relevés ont été effectués à l'aide de trois capteurs. Dans les périodes de forte fréquentation, l'association a constaté qu'un événement de pollution sonore se produisait littéralement une fois par minute.
Des relevés effectués dans la réserve naturelle du Tanet-Gazon du Faing
Les mesures ont été réalisées dans la réserve naturelle du Tanet-Gazon du Faing. Ces relevés ont enregistré des bruits d'origine humaine tels que ceux causés par des motos, des voitures et même des avions. Selon les données récoltées, en pleine saison touristique, la pollution sonore peut atteindre 33 % pendant les heures d'affluence, de 5 heures à 21 heures. Mathieu Crétet, chargé de mission "Espaces protégés" pour l'association, a précisé : "Cette part de pollution sonore est en moyenne de 22 %, atteignant jusqu'à 33 % en août".
Une pollution qui nuit à la faune locale
Les conséquences de cette pollution sonore sont préoccupantes. Elle perturbe le calme nécessaire à la faune, compromettant leur cycle de vie naturel. Comme le souligne M. Crétet, "Une forte circulation routière nuit à la capacité des animaux à communiquer, à se reproduire, et augmente le risque de collisions entre eux". L'association note que la pollution est présente dès le mois de mars et réclame une gestion plus adaptée des ouvertures de la route des crêtes, qui rouvre de plus en plus tôt chaque année. En effet, cette année, elle a été ouverte dès le 2 avril.
Pour atténuer ce problème, des suggestions ont été faites telles que la réduction de la limite de vitesse en dessous de 70 km/h ainsi qu'une limitation du nombre de véhicules. Mountain Wilderness appelle à un dialogue avec la Collectivité Européenne d'Alsace (CEA), la gestionnaire des routes, mais pour l'instant, ses demandes ne semblent pas avoir trouvé d'écho.
Il y a cinq ans, la CEA avait annoncé l'installation d'un radar innovant, surnommé "Méduse", pour mesurer les niveaux de bruit et évaluer l'impact d'une baisse de la vitesse réglementaire. Toutefois, aucune avancée significative n'a été observée depuis cette annonce.







