Interviewer : Bonjour Matthias. Aujourd'hui, une centaine de lycéens des départements de la Marne, des Ardennes et de Troyes se sont regroupés pour un voyage chargé de sens. Comment se déroule cette journée?
Mathias Orjekh : C'était une longue journée. Les élèves ont pris un vol tôt le matin, vers 7 heures, et cette journée s'est très bien déroulée.
Interviewer : Quel est le rôle de la mémoire dans tout cela ? Pourquoi est-ce crucial aujourd'hui ?
Mathias Orjekh : Nous préférons parler de travail de mémoire plutôt que de devoir de mémoire. Ce n'est pas une obligation pour les élèves, mais plutôt un engagement à explorer l'histoire et à transmettre la mémoire de la Shoah.
Interviewer : Les enseignants ont-ils préparé les élèves avant cette visite ?
Mathias Orjekh : Oui, les professeurs présentent des projets pédagogiques qui préparent les élèves à ce voyage. Ils viennent également au Mémorial de la Shoah pour une visite axée sur le voyage à Auschwitz, et rencontrent des témoins, soit des rescapés, soit des anciens enfants cachés.
Interviewer : Étant donné que les témoins se font de plus en plus rares, comment évolue le discours autour de la Shoah auprès des jeunes ?
Mathias Orjekh : Beaucoup de choses ont changé. Autrefois, nous avions encore des témoins présents lors des voyages. Aujourd'hui, nous devons être les porte-voix de ces récits. Nous partageons leurs histoires et utilisons des témoignages pour enrichir le parcours des élèves.
Interviewer : Vous cherchez aussi à relier ces histoires à leur territoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Mathias Orjekh : Effectivement, c'est crucial. Nous voulons que les élèves comprennent que la Shoah a des répercussions locales. Par exemple, nous avons parlé de Jeannette Greef, originaire de Rennes. Cela personnalise l'histoire et la rend plus accessible.
Interviewer : Vous avez noté des réactions différentes chez les jeunes lors de ces visites ?
Mathias Orjekh : Je pense qu'ils prennent conscience de la réalité derrière les chiffres. Ils réalisent que ces histoires portent sur des personnes réelles, ce qui modifie leur perception du sujet.
Interviewer : Que pensez-vous de l'impact de ces visites ? Les élèves reviennent-ils transformés ?
Mathias Orjekh : Absolument. Ils ne reviennent jamais comme ils étaient. Se confronter au lieu change la donne. Il est essentiel que ces visites soient intégrées dans un projet pédagogique, cela permet de donner du sens à l'expérience.
Interviewer : Vous avez remarqué un changement récent chez les jeunes par rapport à ce sujet, en cette ère de réseaux sociaux ?
Mathias Orjekh : Globalement, je trouve qu'ils restent engagés et motivés malgré les distractions modernes. Leur intérêt pour ce travail de mémoire demeure fort.
Interviewer : Merci, Matthias. Vous êtes coordinateur des voyages d'études pour le Mémorial de la Shoah à Paris.
Mathias Orjekh : Merci à vous.







