Alors que le prix du carburant continue d’augmenter, Michelin se démarque en tant que leader du covoiturage en entreprise grâce à l'application Karos et à des incentives financières attrayantes pour ses employés.
A l’aube, les parkings du centre de recherche de Ladoux, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), commencent à s’animer. De nombreux salariés choisissent de covoiturer plutôt que de se déplacer seuls, une initiative désormais bien ancrée dans la culture d'entreprise de Michelin.
Depuis le début de l'année, le géant du pneumatique a collaboré avec Karos, une application dédiée au covoiturage quotidien, afin d'optimiser les trajets domicile-travail. « Nous visons à séduire ceux qui se rendent au travail seuls chaque jour pour les inciter à partager leurs trajets », indique Victor Andraud, directeur impact de Karos. Cette application facilite la connexion entre conducteurs et passagers partageant des horaires similaires.
36 % des salariés choisissent le covoiturage
Le système est efficace : un conducteur reçoit environ 2 euros par passager transporté, les entreprises contribuant via un forfait mobilité durable. Chez Michelin, cette motivation est particulièrement performante : chaque salarié peut bénéficier d'une cagnotte annuelle allant jusqu'à 800 euros pour ses trajets partagés.
À Ladoux, où environ 3 000 personnes travaillent, plus de 500 covoitureurs étaient actifs au début de l'année 2026. De plus, 36 % des 9 000 salariés de Clermont-Ferrand se sont engagés dans cette pratique, une progression notable de 6,5 % par rapport à l'année précédente. « Michelin est aujourd'hui le premier employeur national en termes de covoiturages réalisés. Ce programme est très bien orchestré », souligne Victor Andraud.
Les retombées sont significatives tant sur le plan environnemental que financier. Depuis le lancement de cette initiative à Ladoux, près de 300 tonnes de CO₂ ont été économisées, avec 10 tonnes supplémentaires évitées en janvier 2026 seul. Les employés, quant à eux, ont généré plus de 34 000 euros en pouvoir d'achat grâce à ces trajets partagés.
« Ça me fait environ 80 euros par mois d’économie »
Jérôme Constanty, salarié chez Michelin et utilisateur régulier de l'application, a fait le choix de covoiturer depuis deux ans pour parcourir les vingt kilomètres le séparant du site de Ladoux. « Au départ, c'était un peu lent, mais maintenant j'ai mon réseau de covoitureurs », récit-il.
Les données de son application parlent d'elles-mêmes : « Plus de 1 000 trajets, près de 19 000 kilomètres parcourus et 2 367 euros d'économies. En gros, cela me fait environ 80 euros par mois, certains mois, cela couvre même mon plein d'essence », sourit-il.
Pour Karos, le potentiel d'expansion est immense. Depuis sa création en 2014, la plateforme a atteint 1,5 million d'utilisateurs en Europe et enregistré plus de 15 millions de trajets, avec une majorité en France. Selon une étude de Harris Interactive, 51 % des actifs français ont déjà pratiqué ou envisagent de covoiturer pour leurs trajets professionnels.
Dans des zones comme le Puy-de-Dôme, où l'automobile est indispensable, cette tendance pourrait encore s'accentuer. « Le covoiturage quotidien allie économies de coût et respect de l'environnement », résume Victor Andraud. À Michelin, l’avenir du covoiturage semble prometteur.







