Accueillir un étudiant chez soi peut répondre à plusieurs besoins : rompre l'isolement, se sentir en sécurité au quotidien, ou percevoir un complément de revenus. Deux formules principales existent pour partager un logement entre générations : la cohabitation intergénérationnelle solidaire et la colocation classique. Chacune obéit à des règles spécifiques et implique des droits et responsabilités à clarifier dès le départ.
Deux formules pour partager son logement
La cohabitation intergénérationnelle solidaire s'adresse aux personnes âgées (généralement 60 ans et plus) qui ouvrent une partie de leur logement à un jeune de moins de 30 ans (étudiant ou apprenti). Elle peut être gratuite en contrepartie de petits services rendus par le jeune (présence régulière, aide ponctuelle au quotidien) ou rémunérée par une participation financière modeste. Dans ce cadre, l'étudiant ne doit en aucun cas remplacer une aide à domicile professionnelle.
La colocation, elle, repose sur un contrat de location classique : le jeune contribue au loyer et aux charges mais n'est pas tenu de fournir des services. Cette formule convient particulièrement aux seniors qui souhaitent réduire leurs dépenses en partageant le loyer et les charges, y compris dans le parc social désormais plus accessible aux colocations.
Rédiger un contrat et connaître ses droits
Quel que soit le choix, formaliser la situation par écrit est essentiel. Le contrat de cohabitation intergénérationnelle ou le bail de colocation doit préciser la durée, les modalités financières, les tâches éventuelles attendues du jeune, les règles de vie commune et les conditions de départ. Par défaut, il est possible de mettre fin à la cohabitation en respectant un préavis d'un mois.
Points juridiques et aides à connaître :
- l'accueil en cohabitation intergénérationnelle donne parfois droit, si les conditions sont remplies, à des aides au logement (APL, ALS) pour le propriétaire ou le locataire senior et/ou pour l'étudiant locataire ;
- le locataire doit informer son bailleur de l'arrivée d'un étudiant, mais dans le cadre de la cohabitation intergénérationnelle solidaire le bailleur ne peut pas s'y opposer de manière abusive ;
- prévoir une mise à jour de votre assurance habitation et vérifier les éventuelles conséquences fiscales ou déclaratives liées aux sommes perçues (se renseigner auprès de l'administration ou d'un conseiller fiscal).
Conseils pratiques avant d'accueillir un étudiant
Pour que la cohabitation se déroule bien, préparez-vous en amont : sélectionnez des candidats via des associations spécialisées, les services universitaires ou des plateformes reconnues, demandez des références et échangez longuement sur les attentes mutuelles.
Checklist utile avant l'arrivée :
- rédiger et signer un contrat clair (durée, modalités, préavis) ;
- vérifier assurance, sécurité du logement et équipements ;
- clarifier la répartition des espaces privés et des espaces partagés, les règles de vie quotidienne (visites, horaires, entretien) ;
- s'informer sur les aides au logement et, si besoin, solliciter une association pour l'accompagnement.
En résumé, accueillir un étudiant peut être une solution gagnant-gagnant si les règles du jeu sont posées dès le départ. Un contrat écrit, des vérifications pratiques et un dialogue ouvert vous permettront d'instaurer une cohabitation respectueuse et sécurisante pour les deux générations.







