La France échappe de peu à la position indésirable du pays avec le plus fort déficit public dans la zone euro en 2025. Selon les derniers chiffres d'Eurostat, il est révélé que la Belgique, avec un déficit de 5,2 % du PIB, se positionne au premier rang de ce classement peu enviable.
Dans une note publiée à cet effet, le Trésor français a mis en avant plusieurs facteurs contribuant à l'élargissement du déficit. La hausse des dépenses de défense pour atteindre l’objectif de 2 % du PIB de l'OTAN et l'augmentation des charges d'intérêts sur la dette — qui devrait atteindre 3,3 % du PIB d'ici 2028 contre 2,4 % en 2025 — sont parmi les raisons citées. L’impact du vieillissement démographique sur les dépenses de santé et de retraite accentue encore cette pression, conséquence d'un déficit public anticipé à 5,7 % en 2029 et 6,3 % en 2031.
Malgré ce relatif soulagement, la France ne peut se réjouir. Son déficit s'élevait à 5,1 % au cours de l'année dernière, loin derrière la moyenne de la zone euro, qui est de -2,9 %. Notons qu’en comparaison, des pays tels que Chypre (+3,4 %), l'Irlande (+1,8 %), la Grèce (+1,7 %) et le Portugal (0,7 %) affichent même des excédents.
Initialement, le gouvernement prévoyait une défaillance plus sérieuse de 5,4 %. Toutefois, les recettes ont été meilleures que prévu, augmentant de 3,9 % en 2025, tandis que la hausse des dépenses a été modérée à 2 %. Malgré cette évolution positive, l'exécutif maintient un objectif prudent de 5 % pour 2026, en prenant en considération les impacts de la guerre au Moyen-Orient.
La France a la 3ème dette la plus élevée de la zone euro
Les dépenses publiques françaises demeurent parmi les plus élevées en Europe, représentant 57,2 % du PIB, juste derrière la Finlande (57,5 %). En termes de recettes, elles équivalent à 52,1 % de la richesse nationale, contre 54,1 % en Finlande.
Alors que le déficit public a connu une légère réduction l'année dernière, la dette continue d'augmenter et atteint près de 115,6 % du PIB, plaçant la France au troisième rang des pays européens les plus endettés, derrière l'Italie (137,1 %) et la Grèce (146,1 %). La moyenne pour les 21 pays de la zone euro est de 87,4 %.
« Il n’y a pas de surprise » sur la situation budgétaire française, commente Nathalie Janson, professeur d’économie à Neoma Business School sur BFM Business. « Les promesses de réduction des dépenses et de budgets équilibrés sont pratiquement toujours contredites par la réalité, qui finit souvent par une augmentation de la fiscalité », assessore l’économiste.
Elle souligne également que la France peut se sentir moins pressée de redresser ses finances, grâce à une dette appréciée dans les marchés, laissant entendre qu'il pourrait s'agir d'une "malédiction" d'avoir une dette si recherchée sur les marchés financiers.







