Le Parlement européen s'apprête à donner son accord final, mardi, à un accord commercial controversé conclu l'an passé entre l'Union européenne et le président américain Donald Trump. Malgré des réserves persistantes parmi les eurodéputés, des garde-fous ont été intégrés dans cette démarche.
Les eurodéputés, réunis à Strasbourg, voteront aujourd'hui pour abolir les droits de douane sur la plupart des produits industriels et agricoles en provenance des États-Unis. Cet engagement, annoncé lors du sommet de Turnberry en Écosse l'été dernier, avait été une réponse au plafonnement des taxes américaines sur les importations européennes à 15%.
Avec l'expérience des crises récurrentes sur la scène internationale, les eurodéputés ont demandé des conditions pour protéger les intérêts européens. En effet, les tensions avec l'administration Trump, symbolisées par des menaces d'annexion du Groenland et des sanctions contre des responsables européens, ont suscité des inquiétudes croissantes.
Dans ce contexte, Trump a de nouveau menacé de surtaxer le champagne et d'autres vins français si la France ne renonçait pas à sa taxe sur les services numériques.
Les eurodéputés ont réussi à mettre en place une clause de caducité stipulant que l'accord commercial pourrait expirer en 2029, à moins qu'il ne soit prolongé par un vote. De plus, la Commission européenne se réserve le droit de suspendre l'accord si Trump n'annule pas les surtaxes de 50% sur certains produits.
Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission, a déclaré que ce vote représente une opportunité de renforcer la position de l'UE face aux États-Unis. Au sein de la discussion, l'eurodéputé Bernd Lange (S&D) a souligné : "Nous ne céderons à aucun chantage, et si les États-Unis ne respectent pas leurs engagements, nous serons en mesure de réagir."
Les partisans de cet accord, notamment à droite, estiment qu'il apporterait une stabilité essentielle pour les entreprises et les travailleurs européens dépendant du commerce transatlantique. Zeljana Zovko, du PPE, a défendu que cet accord pourrait protéger 16 millions d'emplois et favoriser un climat d'investissement.
Cependant, des voix s'élèvent contre cette alliance. David Cormand (Les Verts) a qualifié la démarche de "politiquement incompréhensible", tandis qu'Emma Fourreau (La Gauche) a dénoncé une fois de plus la soumission de l'UE face aux États-Unis.
Au sein des 27 États membres de l’UE, qui doivent aussi approuver le compromis, l'accord a déjà suscité un soutien préliminaire. Une fois le feu vert du Parlement obtenu, une dernière approbation formelle sera requise pour finaliser cette ratification, respectant ainsi l'ultimatum imposé par Trump.







