Samedi, une soixantaine de manifestants ont défilé à Toulouse dans le cadre d'une action emblématique orchestrée par l'intersyndicale agricole de Haute-Garonne. Cette initiative visait à porter à l'attention du public leurs préoccupations concernant la gestion de la dermatose bovine, connue sous le nom de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), par les autorités françaises et les accords commerciaux liés au Mercosur, rapportent les journalistes de l'AFP.
Après de nombreuses actions, incluant des perturbations des routes et des déversements de déchets agricoles devant les préfectures à travers la France depuis mi-décembre, les membres de l'intersyndicale ont voulu se rapprocher des Toulousains pour expliciter leurs revendications. Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31, a souligné l'importance d'informer le grand public.
Lors de cette manifestation qualifiée de "symbolique", les participants ont exhibé des croix ornées des prénoms de certaines des 106 vaches abattues en Haute-Garonne depuis le début de l'épidémie. "Nous nous opposons à l'abattage systématique, même pour les vaches vaccinées, ce qui est totalement injuste. Nous sommes également contre le Mercosur. L'État ne prend pas en compte nos inquiétudes", a déploré Lydia Michel, agricultrice à Cintegabelle.
La diversité était palpable dans le cortège, regroupant les bonnets jaunes de la Coordination rurale, les casquettes rouges des Jeunes agriculteurs, ainsi que des bannières de la FNSEA et de la confédération paysanne. Le défilé a débuté au palais de justice, se dirigeant vers la préfecture en passant par la célèbre place du Capitole.
À l’arrivée à l’hôtel de ville, les manifestants ont chanté la Marseillaise avant d’observer une minute de silence devant une représentation de vache tractée par un petit tracteur. Joëlle Fournier, retraitée et participante au mouvement, a exprimé son soutien : "C'est alarmant ce qui arrive à nos agriculteurs. Ils souffrent et leurs voix restent inaudibles."
Depuis l'apparition des premiers cas de DNC en France cet été en Savoie, le gouvernement tente de contenir la propagation du virus par une stratégie fondée sur trois axes principaux : l'abattage de bétail, la vaccination et des restrictions de déplacement dans des zones réglementées. Récemment, 113 vaches ont été abattues dans un élevage de l'Ariège, illustre des préoccupations toujours présentes dans le secteur agricole.
Des experts du secteur s'inquiètent des conséquences socio-économiques de ces mesures, notant que la crise de la DNC pourrait avoir des répercussions durables sur l'industrie laitière en France. Pour de nombreux agriculteurs, le besoin d'une action concertée et d'un soutien gouvernemental est crucial pour naviguer à travers cette crise sanitaire, et le désespoir grandissant s'exprime de plus en plus dans la rue.







