À l'approche de l’Épiphanie, un événement attendu tant par les gourmands que par les collectionneurs, Stéphane Jouan, un fabophile de Saint-Nazaire, se prépare à célébrer cette tradition. Avec plus de 30 000 fèves en porcelaine, il ne manque pas de trésors à déballer.
S'affichant fièrement dans son salon, plusieurs centaines de ces petites merveilles sont exposées, soigneusement maintenues par de petits bouts de pâte adhésive sur des planches. Stéphane, passionné de 53 ans et mécanicien de profession, a déjà accroché jusqu'à 8 000 de ses fèves aux murs, mais a dû les ranger à la demande de sa femme. « J’ai juste sorti une petite partie de ma collection », confie-t-il, ses yeux pétillant d'excitation.
La collection de Stéphane se distingue non seulement par sa taille, mais aussi par sa variété. Chaque fève révèle une histoire et une pièce unique qui fait vibrer sa nostalgie et son amour pour les traditions. « Les galettes des Rois sont bien plus qu’un simple dessert, elles sont le cœur de nos souvenirs d’enfance », explique-t-il, invité à partager ses anecdotes. Les fèves représentent des personnages, des événements et même des lieux, témoignant de la culture française à travers les âges.
Cette passion pour les fèves n'est pas un phénomène isolé. Selon des spécialistes de la culture populaire, la collectomanie touche un large public. Les groupes de collectionneurs s'affichent sur les réseaux sociaux, partageant leurs trouvailles et organisant des rencontres autour de ce hobby. À tel point que certaines fèves atteignent des prix exorbitants dans des ventes aux enchères, parfois jusqu'à plusieurs centaines d'euros. Des experts tels que Jean Dupuis, historien de la culture alimentaire, affirment que « ces objets insignifiants sont en réalité des témoins de l'évolution sociale et culturelle de notre pays ».
Ainsi, alors que les galettes s'apprêtent à envahir les boulangeries, Stéphane Jouan reste déterminé dans sa quête de nouvelles fèves, espérant continuer à enrichir sa collection. Pour lui, le jour où les galettes des Rois ne seront plus produites marquera également la fin de sa passion. « J’arrêterai le jour où ils arrêteront les galettes », conclut-il avec un sourire, fidèle à son engagement.







