Le Parlement européen a, lundi 23 février, décidé de mettre en halt au processus d’implémentation de l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis. Cette décision fait suite à des incertitudes engendrées par la récente annulation par la Cour suprême américaine des droits de douane imposés par Donald Trump.
« Nous avons besoin que les États-Unis éclaircissent leur position quant à cet accord », a déclaré Bernd Lange, président influent de la commission du commerce international, à l’issue d’une réunion d'urgence. Cette démarche a reçu l'appui des principaux groupes politiques du Parlement, dont les groupes PPE (droite), Renew (centre) et Verts.
Le président américain a réagi à cette situation en menaçant de lever des droits de douane encore plus élevés contre les pays qu'il juge responsables de cette perte financière pour les États-Unis. « Tous ceux qui tenteraient d’exploiter cette décision de la cour seront confrontés à des taxes bien plus élevées », a-t-il déclaré sur son réseau social Truth Social, insinuant que les décisions judiciaires favorisaient des pays comme la Chine.
Valérie Hayer, présidente du groupe Renew, a ajouté que le manque de clarté du côté américain rendait toute décision politique prématurée. « Face à l'incertitude actuelle, un vote serait imprudent », a-t-elle insisté. Anna Cavazzini, membre du groupe des Verts, a également appuyé cette position en évoquant la nécessité d’un consensus avant tout mouvement de la part du Parlement européen.
Des engagements à respecter
L'accord, mis en place l'été dernier après des négociations ardues, avait établi un plafond de 15 % de droits de douane sur les produits européens, abaissant ainsi les menaces antérieures de 30 % lancées par Trump. En réponse, l’UE avait consenti à réduire ses propres droits de douane sur les importations américaines, qui varient en moyenne autour de 4,8 %. Toutefois, la ratification de cet accord nécessite également l'aval du Parlement européen.
Le constat est clair : l’UE attend des États-Unis qu’ils tiennent leurs engagements, tout en exprimant des craintes quant aux nouvelles taxes proposées par Trump. La Commission européenne a affirmé son intention de « prendre des décisions éclairées en fonction des clarifications offertes par Washington ».
Dans un communiqué de dimanche, l'exécutif européen a affirmé : « Un accord est un accord. L’Europe, en tant que premier partenaire commercial des États-Unis, s’attend à ce que ces derniers respectent les engagements pris ».
Les dirigeants français, au sein du G7, ont également demandé aux États-Unis de traiter les Européens équitablement, rappelant l'importance de la prévisibilité pour leurs entreprises.
Pression internationale
Les effets de cette nouvelle taxation de 15 % annoncée par Trump, censée entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, restent flous. La situation est d'autant plus complexe que la Chine a exhorté Washington à lever ses mesures commerciales, craignant qu’elles n’entraînent des complications supplémentaires.
D’un autre côté, le gouvernement britannique semble optimiste, ne prévoyant pas d'impact significatif sur les échanges commerciaux issus de cet accord. Keir Starmer a déclaré : « Cette décision ne devrait pas affecter nos contrats en cours sur l’acier, l'agriculture et l’automobile ».







