La hausse des prix des carburants, notamment due à la guerre au Moyen-Orient, a conduit à une augmentation significative des vols de carburants. Les chauffeurs routiers sont en première ligne, devenant des cibles faciles. À l'aire d'autoroute du Haut-Koenigsbourg, dans le Bas-Rhin, le prix du gazole atteint désormais 2,25 euros le litre, incitant certains individus à dérober du carburant pendant que les chauffeurs font une pause.
Comme le souligne le gendarme Cédric Hubert, commandant de l'escadron départemental de contrôle des flux du Bas-Rhin, "un poids lourd est une cible facile parce que c'est un stockage potentiel, presque disponible, de carburant". Face à cette situation inquiétante, il a multiplié les actions de prévention, conseillant aux chauffeurs d'éviter de stationner avec un réservoir plein dans des zones isolées et de privilégier le stationnement dans des établissements sécurisés.
Des témoignages alarmants
Yuri Hryshchanka, un chauffeur ukrainien, rapporte une récente tentative de vol sur l’A6 : "Tout le monde s’inquiète". Une inquiétude partagée par Alisher Tugalov, un chauffeur ouzbek, qui craint d'être pénalisé par sa société en cas de vol. Les entreprises agricoles et de transport ne sont également pas épargnées, comme le montre un incident récent près de Forbach, où un individu a été intercepté en flagrant délit pour avoir pompé du gazole sur leur site.
Une explosion des vols
Philippe Da Soler, gérant d'une société de transport, témoigne : "Quand on voit ce que les gens sont prêts à faire pour quelques litres de gazole, c'est de la folie furieuse". La colonelle Élodie Montet, responsable d'une gendarmerie départementale, note une augmentation de 107 % des vols depuis le début des conflits. Pour se prémunir, des entreprises investissent dans des systèmes de sécurité, tels que des caméras thermiques, mais ces dispositifs ne garantissent pas une protection totale.
Perspectives incertaines
Avec le cessez-le-feu récent entre les États-Unis et l’Iran, certains experts, dont Michel-Édouard Leclerc, estiment que les prix pourraient diminuer, bien qu'un retour aux tarifs d'avant-guerre semble improbable. Malgré ces espoirs, le climat d'insécurité pour les professionnels de la route persiste. Alexandre Trur, routier depuis une décennie, exprime son anxiété : "On n’est pas sereins, c’est anxiogène".







