Le 17 avril, la cour d'appel de Paris a rendu son verdict : Christophe Ruggia, reconnu coupable d'agressions sexuelles aggravées sur Adèle Haenel, recevra une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont deux seront effectués sous bracelet électronique. Les faits reprochés se sont produits entre 2001 et 2004, alors qu'Adèle Haenel était âgée de 12 à 15 ans.
Le réalisateur avait donné à Haenel son premier rôle dans le film Les Diables, où elle interprétait Chloé, une jeune fille autiste. Dix-huit ans plus tard, elle a révélé dans une enquête de Mediapart avoir été victime d'attouchements et de harcèlement par Ruggia, principalement dans son domicile.
Deux ans de prison ferme en première instance
Initialement, Ruggia avait été condamné à quatre ans d'emprisonnement, avec une partie des peines sous sursis. Contre toute attente, il a opté pour un appel, contestant les accusations. Au cours de ce procès, qui s'est tenu sur deux jours en décembre et janvier, il a maintenu son refus de toute culpabilité, déclarant : "Si j'avais vraiment fait cela, je ne pourrais pas me regarder dans le miroir."
Il a suggéré qu'Adèle Haenel pourrait agir ainsi parce qu'elle n'a pas supporté que son projet de film avec lui n'ait pas abouti, affirmant qu'elle ressentait que son rêve cinématographique s'effondrait.
Émotions et révélations au tribunal
La procédure a été marquée par la présentation des traumatismes subis par Adèle Haenel, qui a exprimé son désespoir face à la situation."Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’existe pas", a-t-elle témoigné devant le jury. Elle a également dénoncé l'attitude de Ruggia au tribunal, qualifiant ses déclarations de "victimisantes" et soulignant la douleur de revivre ses expériences.
"Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’existe pas.", a-t-elle déclaré.
L'avocat général, en requérant une peine de cinq ans de prison, a souligné que ce dossier, bien qu'ayant des ramifications dans l'industrie cinématographique, correspondait à ceux des abus sexuels infligés par des adultes sur des enfants, peu importe le milieu concerné. Les réactions à cette affaire continuent d'affluer, tant dans les médias que dans l'opinion publique, témoignant de la gravité de ces accusations et de la nécessité de rendre la justice.







