Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a récemment publié son quatrième rapport sur la maison d'arrêt de Strasbourg, faisant état d'une situation désastreuse. Les rapports précédents, réalisés en 2015 et 2017, avaient déjà dénoncé de graves violations des droits fondamentaux, mais le constat reste inchangé après près de dix ans d'évaluations, avec un bâtiment toujours en dégradation.
Une structure vétuste et mal entretenue
Construite en 1988, la maison d'arrêt souffre d'une vétusté marquante. Le rapport dénonce des problèmes importants tels que le chauffage défaillant, des détenus ne pouvant se laver qu'à l'eau froide, des cellules infestées de moisissures et des sanitaires dans un état alarmant. De plus, les installations sportives sont largement insuffisantes, entraînant des conditions de vie déplorables pour les détenus.
Surpopulation : un taux d'occupation alarmant
Avec un taux d'occupation atteignant 176 %, la prison dépasse largement sa capacité théorique de 432 détenus pour 763 internes, engendrant des conditions de vie catastrophiques. Les cellules, conçues pour une seule personne, sont occupées par 4 à 6 détenus, rendant l'intimité impossible, surtout pour les sanitaires. Le CGLPL souligne également l'urgence de rénover les quartiers, notamment pour les mineurs, afin de leur permettre une sortie correcte du cadre carcéral.
Un manque de personnel flagrant
Le rapport indique qu'il y a un manque significatif de surveillants, ce qui impacterait la qualité des interactions et des activités proposées aux détenus. Par exemple, les femmes enfermées dans le quartier spécifique ne bénéficient d'aucune offre éducative ou sportive adéquate. Malgré ce manque, les surveillants tentent de suivre des formations pour améliorer leur efficacité, mais le déséquilibre reste frappant.
Apports positives à souligner
Malgré ces nombreux problèmes, des aspects positifs éclosent. Le rapport fait état d'une attitude professionnelle globale des surveillants, largement appréciée dans les divers quartiers. Certaines initiatives, comme l'accompagnement des détenus lors de leur sortie, sont notées comme exemplaires. Cette procédure est facilitée par une équipe mobile qui s'occupe des soins psychiatriques et des dépendances.
De plus, l'offre éducative se révèle encourageante, avec 60 enseignants pour 250 bénéficiaires, et d'importantes activités socio-culturelles sont également proposées. Ces éléments montrent une intention de réhabilitation et d'amélioration des conditions de détention, malgré les défis persistants.







