Son corps poignardé, découvert dans un tonneau en 2005, a enfin une identité. La victime, longtemps laissée dans l'anonymat, s'appelle Hakima Boukerouis. Grâce à une collaboration inédite entre Interpol et plusieurs pays européens, elle a pu être identifiée après un travail minutieux des enquêteurs.
Ces derniers avaient surnommé la femme « la femme dans un bidon » ou encore « la femme à la couronne dentaire Richmond » en raison des circonstances troublantes de sa mort. Son corps a été retrouvé dans un état de décomposition avancé, ce qui a prolongé l'absence d'identification jusqu'à récemment. Selon le communiqué d'Interpol, elle est décédée entre septembre et octobre 2004 et, au moins un suspect a été interpellé dans l'affaire.
Le dossier de Hakima fait partie d'une initiative lancée par Interpol, qui vise à identifier 47 femmes dont les corps ont été découverts dans des conditions similaires à travers l'Europe. Grâce à l'analyse ADN, elle devient la cinquième personne à retrouver son nom dans ce cadre, marquant une avancée significative : pour la première fois, une arrestation a suivi la résolution d'un cold case.
Le travail de fourmis des enquêteurs
Le 7 janvier 2005, alors que le froid de l'hiver régnait sur la Moselle, les enquêteurs ont trouvé le corps d'une femme d'une trentaine d'années, dissimulé dans un sac poubelle noir et placé dans un tonneau. Ce dernier, fabriqué en Angleterre et distribué par une grande chaîne de bricolage, n’a pas permis de remonter jusqu'à un éventuel acheteur.
Les enquêteurs ont d'abord tenté d'identifier la victime en se basant sur un débardeur rose qu'elle portait, sans succès. Un portrait-robot a été élaboré : la femme avait les cheveux noirs et mesurait environ 1 mètre 60. Malheureusement, son visage avait été sévèrement mutilé, et aucun signe distinctif n'a pu aider les enquêteurs.
Parmi les pistes explorées, l'une a porté sur la couronne dentaire Richmond de la victime. Les autorités ont envoyé 3 500 courriers à des dentistes de la région, mais aucun n'a pu fournir d'informations utiles. Malgré toutes ces investigations, l'ADN de Hakima, conservé méticuleusement, a finalement permis de briser le long silence qui entourait sa mort.
Ce cas met en lumière non seulement la persévérance des forces de l'ordre, mais aussi l'importance de l'identification par ADN et des opérations coordonnées à l'échelle internationale. Le chemin vers la justice est long et complexe, mais des avancées comme celle-ci montrent que chaque effort compte.







