Ce lundi 11 mai 2026, le procès de Saad Lamjarred, chanteur marocain de renom, débute devant la cour d’assises de Draguignan, dans le Var. Accusé d'avoir violé une femme en août 2018 à Saint-Tropez, ce n'est pas la première fois que l'artiste fait face à la justice pour des faits similaires. En effet, il a également été condamné pour viol à Paris en 2023.
Ce procès tant attendu, reporté en raison de l'absence de la présidente Emmanuelle de Rosa, est décrit par l'avocat de la victime, Dominique Lardans, comme une “très longue attente, trop longue attente”, a rapporté l'AFP.
Une victime retrouvée en état de choc
La victime, qui a rencontré Lamjarred dans une discothèque, explique qu'elle ne le connaissait pas personnellement. Elle l'a décrit comme simplement séduisant et a accepté de se rendre à son bar d'hôtel. Cependant, le chanteur l'a conduise directement dans sa chambre, où il aurait tenté de l'embrasser avant de la violer.
Lamjarred conteste les accusations, affirmant que la relation était consensuelle. Cependant, selon une amie de la victime, celle-ci a été retrouvée dans un état “choqué, avec un maquillage dégoulinant, les lèvres enflées et le regard vide”.
Face aux divergences de versions, le parquet avait envisagé un éventuel non-lieu, une proposition qui a été rejetée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, confirmant en 2021 le renvoi de l’affaire devant la cour d’assises. Cette décision a mis en lumière un aspect essentiel du consentement : pénétrer dans la chambre d'un homme ne peut en aucun cas être synonyme de consentement.
Un passé tumultueux chargé d'accusations
Saad Lamjarred, populaire dans le monde de la musique au Maghreb, n'est pas étranger aux controverses. Dès 2010, une mannequin avait déposé une plainte pour viol aux États-Unis. En 2015, une femme franco-marocaine l’a également accusé de violences sexuelles.
En 2023, il a été condamné à six ans de prison par la cour d’assises de Paris pour avoir agressé une femme rencontrée dans une boîte de nuit à Paris. Malgré les accusations, des tentatives d'extorsion de la part des proches de la victime ont été signalées, ce qui a conduit à des condamnations au sein de son entourage, comprenant des influenceurs et des avocats, ayant tenté d'obtenir trois millions d'euros en échange du retrait des accusations.
Alors que le procès s'ouvre, cette affaire soulève non seulement des interrogations sur le comportement du chanteur mais aussi sur le traitement fait aux victimes dans le milieu artistique. Des experts du droit et de la psychiatrie s'interrogent également sur l'effet dissuasif des poursuites judiciaires sur d'autres victimes potentiellement silencieuses.







