Le tribunal de Grenoble a prononcé sa décision concernant les dirigeants de la carrière de La Rivière, les condamnant à 50.000 euros d'amende chacun pour avoir continué d'exploiter le site sans respecter l'obligation de mesurer les vibrations causées par les tirs de mines. Toutefois, selon les juges, il n'existe pas de lien direct entre cette négligence et l'éboulement survenu en juillet 2024, qui a causé l'effondrement d'un million de mètres cubes de roches, interrompant la circulation sur la départementale 1532 depuis le 25 juillet 2024.
Ce jugement, qui était attendu avec impatience, a été rendu suite à une audience tenue le 31 mars 2026. Initialement prévu pour fin avril, le verdict a nécessité un délai supplémentaire d’un mois en raison de la complexité de l'affaire.
50.000 euros d'amende chacun
Le tribunal a également reconnu 16 parties civiles, notamment des agriculteurs, des collectivités locales et des associations, qui ont vu leurs demandes d'indemnisation rejetées. Ces victimes, consciencieuses des risques liés à l'exploitation de la carrière, se retrouvent sans compensation, malgré l'avis d'experts qui estiment que l'éboulement n'est pas d'origine naturelle.
François Izzo, membre du collectif La Montagne gronde, dénonce la situation : "C'est scandaleux. 50.000 euros pour avoir mis en danger des vies. C'est risible. Nous subissons des déplacements difficiles depuis deux ans, et tout cela semble n'importe quoi face à un montant aussi dérisoire."
Izzo promet de poursuivre les démarches pour obtenir justice. La présidente du tribunal a exprimé l'espoir que les dirigeants puissent encore faire face à des poursuites devant la justice administrative ou civile.
L'espoir d'une condamnation devant la justice administrative ou civile
Jean-Yves Balestas, avocat représentant les municipalités affectées, a salué le caractère significatif de la décision : "La reconnaissance d'une exploitation anormale est un premier pas vers une possibilité d'indemnisation." Contrairement à la procédure pénale, qui exige une relation de cause à effet, les voies civiles et administratives pourraient toujours conduire à une reconnaissance de la responsabilité des exploitants, ouvrant ainsi la porte à d'éventuelles compensations.
Pour l'heure, les avocats des dirigeants n'ont pas commenté cette décision. En outre, la société exploitante a également été condamnée à une amende de 150.000 euros et est contrainte d'afficher la décision sur les panneaux publics des communes concernées pendant deux mois.







