La menace d'un procès sur l'affaire des assistants parlementaires européens semble s'éloigner pour Jean-Luc Mélenchon. Les juges d'instruction ont annoncé mardi la fin de leurs investigations sans engager de mise en examen contre le leader de La France insoumise, après près de huit ans de procédure concernant l'utilisation des crédits du Parlement européen pour rémunérer les assistants d'eurodéputés.
D'après des sources proches du mouvement, seuls deux anciens assistants parlementaires, Laurent Maffeis et Aigline de Causans, demeurent en qualité de témoins assistés depuis mai 2022. L'investigation, ouverte en novembre 2018 pour détournement de fonds publics, cherchait à établir si des assistants étaient davantage engagés dans des activités partisanes que dans leurs missions parlementaires officielles.
Retour sur une affaire controversée
La France insoumise a réagi à cette clôture en affirmant que « cette décision sans mise en examen confirme notre position depuis le début : il n'y a eu aucune infraction ». Le mouvement note qu'après huit ans d'enquête fondée sur une simple accusation émanant d'une députée européenne du Rassemblement national, aucun juge n’a trouvé de preuves suffisantes pour justifier une mise en examen.
L'affaire remonte à 2017, lorsque Sophie Montel, alors députée du Front national, a évoqué des malversations au sein de plusieurs partis, y compris ceux de Jean-Luc Mélenchon. Initialement, des accusations similaires avaient déjà touché le RN, ce qui a provoqué l’ouverture d’enquêtes supplémentaires, englobant d'autres partis, y compris le MoDem.
Polémique et réactions politiques
La situation a pris une tournure politique lors des perquisitions du 16 octobre 2018 au siège de LFI. Jean-Luc Mélenchon avait alors vivement contesté l’opération, s’exclamant face aux caméras « La République, c'est moi ! ». Il a été par la suite condamné pour rébellion et provocations, écope d'une peine de trois mois de prison avec sursis et une amende de 8.000 euros.
Cette affaire continue de soulever des enjeux pour plusieurs personnalités du paysage politique français. Marine Le Pen attend, par exemple, une décision de la cour d’appel pour une affaire similaire concernant les assistants parlementaires du RN prévue le 7 juillet prochain. Des rejugements sont également prévus entre septembre et octobre 2026 pour François Bayrou et autres anciens élus du MoDem, suite à des condamnations antérieures.







