En Alsace, plus de 4 300 enfants sont confiés à l'aide sociale. Souvent issus de parcours marqués par des violences ou des négligences, ces mineurs sont placés en foyers ou en familles d'accueil. Face à une insuffisance chronique de solutions d'accueil, la Collectivité européenne d'Alsace (CEA) intensifie ses efforts pour mobiliser des citoyens prêts à offrir leur temps, en développant le parrainage et l'accueil de tiers bénévoles.
Le besoin ne cesse de croître avec plus de 70 enfants actuellement en attente d'un parrain ou d'une marraine. La CEA propose une plateforme pour que chacun puisse s'engager, même ceux dont le parcours professionnel ne touche pas directement au secteur social. Lors d'une récente réunion d'information, Stéphanie, l'une des participantes, a déclaré : "J'ai toujours voulu œuvrer dans le domaine de l'éducation, mais la vie m'a conduit ailleurs. Je pense que je peux retrouver ce sens à travers un engagement personnel !"
Réponses aux besoins partiels
Environ 200 parrainages sont en cours dans la région, mais ces chiffres ne suffisent pas. Jérémie, un psychologue basé à Colmar, soutient ce dispositif : "Apporter un soutien à un enfant sans perturber son quotidien familial, c'est une belle chance à saisir. J'ai l'amour et les ressources à offrir !"
Le cadre législatif autour du parrainage a été renforcé par la loi Taquet de 2022, encouragent davantage les liens affectifs entre les enfants en difficulté et des adultes de confiance. Camille San Filippo, référente parrainage pour les parrains et marraines en Alsace, souligne : "Il est essentiel d'avoir des repères divers pour aider les enfants à s'épanouir." Ce type d'engagement s'étend également aux mineurs en situation de fragilité, non seulement à ceux placés.
Un appel à l'action
Avec la fermeture de plusieurs dispositifs d'accueil évoquée par des travailleurs sociaux à Strasbourg en décembre dernier, le besoin de bénévoles pour accompagner ces jeunes devient critique. La CEA précise les critères nécessaires pour devenir parrain ou marraine : un casier judiciaire vierge et un engagement durable sont exigés.
Cette initiative solidaire n'est pas qu'une simple réponse à une crise, mais vise à bâtir une communauté autour des enfants en difficulté, dans une approche globale et collective de la protection de l'enfance.







