Après la disparition tragique de la collégienne Lyhanna, dont le corps a été retrouvé dans le Gers le 4 juin, une onde de choc traverse la France. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a demandé le réexamen de 70 000 plaintes pour viol et agressions sexuelles sur mineurs, demandant notamment aux parquets de réexaminer 70 000 plaintes en cours d'instruction à la suite de cette affaire dévastatrice.
En Moselle, environ 700 procédures doivent être révisées, selon le procureur général de la cour d'appel de Metz, une décision qui met une pression croissante sur les enquêteurs. Comme le souligne Mathieu Weber, délégué zonal du syndicat Unsa-Police, "Le fait de savoir qu'on est responsables de dossiers comme ça, qui peuvent exploser du jour au lendemain, ça met une pression horrible".
Avoir le temps de creuser les dossiers
Les enquêteurs témoignent d'une charge de travail déjà lourde. "En investigation, on vit avec ça tout le temps. On rentre chez soi le soir et on a la pression psychologique des dossiers qu'on a sur notre bureau. Quand on a 200 dossiers à traiter, on a déjà une pression hiérarchique pour les sortir, et là on a une pression en plus avec les dossiers concernant des mineurs", affirme Weber. Il appelle à une urgent nécessité de réévaluer les procédures de travail, arguant que "si on veut traiter correctement une procédure judiciaire, il faut du temps. On ne peut pas bâcler ça, il y a des victimes derrière chaque procédure".
Malgré les assurances du Garde des Sceaux recourant à des mesures pour améliorer les moyens au sein du ministère de la Justice, le constat des syndicalistes est alarmant. Comme le note Weber, "Si demain on ajoute des fonctionnaires, il y aura déjà moins de dossiers par fonctionnaire", mais la réalité des faits reste implacable : le manque de ressources entraîne une inévitable surcharge de travail pour les enquêteurs.
Cette situation soulève alors des questions cruciales sur le traitement des plaintes en matière de violences sexuelles et sur la capacité des institutions à répondre efficacement aux besoins de justice des victimes.







