Stéphanie Di Vincenzo, âgée de 22 ans, a tragiquement perdu la vie suite à un acte de violence insupportable à Hayange (Moselle) en 2021. Son compagnon vient de voir sa peine de réclusion criminelle à perpétuité confirmée en appel ce vendredi.
Âgé de 27 ans, Liridon Berisa, a été reconnu coupable de l'assassinat de sa partenaire, poignardée en pleine rue dans la nuit du 23 au 24 mai 2021. Le verdict de la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle, après une semaine de débats intenses, a également imposé une période de sûreté de 18 ans, réduite par rapport aux 22 ans décidés en première instance, mais toujours jugée stricte par les jurés.
Des scènes de violence insoutenables sous les yeux de l'enfant
Le jour du drame, Stéphanie tentait désespérément de trouver refuge auprès des forces de l’ordre en sonnant à l'interphone du commissariat d’Hayange, situé à seulement 45 mètres de son domicile, d'où elle venait de fuir. Son compagnon l’a poursuivie, armé d'un couteau, la poignardant devant des témoins et leur enfant âgé de 4 ans, une situation décrite comme « d’une violence inouïe » par l’avocat général, Nicolas Burkel.
« Ni la présence des témoins, ni celle de sa fille n'ont pu l'arrêter », a-t-il souligné. Ce dernier a qualifié l'acte de Berisa de « corrida humaine », illustrant la brutalité de l'agression en disant qu'il l'avait affaiblie avant de la porter l'ultime coup et de cracher sur son corps.
En défense, Me Arnaud Blanc a tenté d'apporter un éclairage plus nuancé sur le passé de l’accusé, né durant les violences de la guerre du Kosovo. Il a noté que Berisa avait été un homme marqué par l'horreur, mais ce récit n’a pas atténué la gravité des actes commis.
Ce féminicide a révélé des failles dans le système de protection des victimes de violences conjugales. En effet, des interventions répétées des forces de l’ordre au domicile du couple avaient déjà eu lieu. De plus, une plainte déposée par la victime quelques mois avant les faits n’avait pas été prise en compte correctement par le parquet. La situation a été encore compliquée par le fait que Liridon Berisa avait retiré son bracelet électronique la veille de l'incident sans que cela ne déclenche d'alerte.
La tragédie de Stéphanie soulève de graves préoccupations concernant l'efficacité des mesures de protection pour les victimes de violences au sein du couple, un enjeu fondamental pour de nombreuses associations et experts.







