Le tribunal d'assises d'appel des Alpes-Maritimes a décidé vendredi 13 mars d'augmenter considérablement la peine de Marc Adida, ancien psychiatre au sein de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille. Initialement condamné à 12 ans de prison, il écopera désormais de 20 ans pour des infractions graves comprenant des viols et une agression sexuelle.
Un an auparavant, un jugement des Bouches-du-Rhône avait reconnu une altération de son discernement dû à sa maladie bipolaire, limitant ainsi la peine. Cependant, le parquet, insatisfait, avait interjeté appel en espérant une sanction plus sévère, comme l'a rapporté le média BFM TV.
La contestation des faits
Marc Adida, bien que contestataire des faits qui lui sont reprochés, est confronté à des témoignages accablants. L'avocate générale, Vinciane de Jongh, a plaidé pour la peine maximale, soulignant le modus operandi particulièrement pernicieux du médecin, incompatible avec un discernement altéré.
L'homme, âgé de 53 ans, a été incarcéré depuis 2020 et ses victimes, des femmes vulnérables atteintes de troubles mentaux, ont décrit leur état de sidération, les rendant faciles à manipuler. Les témoignages montrent un schéma alarmant où ces patientes étaient traitées comme des « marionnettes » sous l'influence de leur praticien.
En parallèle, un épisode personnel trouble, survenu en 2013, avait conduit Adida à une hospitalisation d'office après une tentative d'étranglement sur son épouse. Malgré ces antécédents, il avait été jugé apte à exercer. En 2016, une plainte pour viol déposée par une patiente, qui s'est par la suite rétractée, était restée sans suite, soulevant des questions sur sa capacité à continuer à pratiquer la médecine.
La cour a également imposé une peine de sûreté des deux-tiers, accompagnée d'une interdiction définitive d'exercer. Cette affaire retentissante fait résonner des interrogations sur la protection des patients en psychiatrie, un sujet délicat sur lequel plusieurs experts s'interrogent, comprenant des voix du secteur de la santé psychologique. Il est primordial que ces événements ne se reproduisent pas, comme l'indiquent plusieurs spécialistes interrogés par France Info. Cette condamnation ne marque qu'une étape dans une réflexion plus large sur la sécurité des patients dans le cadre thérapeutique.







