Téhéran et Washington se mobilisent activement ce samedi pour tenter de localiser un des deux pilotes du premier avion américain à s'écraser depuis le début du conflit en Iran, où une centrale nucléaire a récemment été attaquée.
Selon l'armée iranienne, un F-15E a été abattu vendredi. L'un des pilotes a été secouru lors d'une opération des forces spéciales, tandis que le sort du second reste incertain, comme rapporté par plusieurs médias américains.
De plus, l'armée iranienne a revendiqué avoir touché un autre appareil américain, un A-10 Thunderbolt II, qui se serait finalement écrasé dans le Golfe. Le New York Times a également mentionné un avion tombé près du détroit d'Ormuz, dont le pilote a été sauvé sans blessure.
Après un long silence, la Maison Blanche a fait savoir que le président Donald Trump était "tenu informé" de cette perte. Dans une interview accordée à NBC, il a affirmé que cet incident n'affecterait en rien les discussions éventuelles avec Téhéran visant à résoudre le conflit, un conflit qui commence à peser lourdement sur l'économie mondiale.
Depuis le début des hostilités, déclenchées par une offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, aucun soldat américain n'a été tué ou fait prisonnier sur le sol iranien, bien que 13 militaires aient perdu la vie en Koweït, en Arabie Saoudite et en Irak. Les violences ont causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
- Une récompense tentante -
Le F-15E a été abattu par un système de défense antiaérienne des Gardiens de la Révolution. Un porte-parole militaire a confirmé que des recherches pour retrouver le pilote étaient en cours. Les médias iraniens ont diffusé des images qui seraient de l'épave, tout en promettant une "généreuse récompense" à quiconque fournirait des informations sur le pilote manquant.
Une vidéo authentifiée par l'AFP montre des forces policières iraniennes tirant sur des hélicoptères américains dans la zone d'Alqchin-e Olyadans, située dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, au sud-ouest de l'Iran. Houston Cantwell, un ancien pilote de l'armée de l'air, a expliqué à l'AFP que des forces spéciales sont toujours prêtes à intervenir pour secourir des pilotes en territoire hostile.
- Attaque de la centrale nucléaire -
Sur un autre front, les attaques se poursuivent contre des infrastructures iraniennes, y compris la centrale nucléaire de Bouchehr, où un garde a été tué mais aucune dégradation significative des installations n'a été signalée. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que "les conséquences radioactives de ces frappes affecteront les pays du Conseil de coopération du Golfe", une référence inquiétante à la sécurité régionale.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué qu'aucune augmentation alarmante des niveaux de radiation n'avait été observée, mais son directeur général, Rafael Grossi, a rappelé l'importance de protéger les sites nucléaires. À Téhéran, un habitant a exprimé son désespoir face à la situation actuelle, révélant que la population vivait dans l'incertitude et la précarité.
- Escalader la violence -
Les frappes de représailles s'étendent également au Golfe. À Bahreïn, des débris issus de drones interceptés ont fait quelques blessés, tandis qu'à Dubaï, des bâtiments, y compris le bureau d'Oracle, ont subi des dommages. Les Gardiens de la Révolution ont récemment menacé de cibler les entreprises technologiques américaines dans la région.
Alors qu'Israël est également concerné par des frappes iraniennes, la situation est devenue urgente dans le sud du Liban, où des habitants de Tyr ont été appelés à évacuer en raison des tensions croissantes avec le Hezbollah, allié de Téhéran.
Dans le détroit d'Ormuz, essentiel au transit mondial d'énergie, les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une attaque sur un navire supposément lié à Israël. Le passage de navires dans cette zone stratégique se fait désormais avec précaution, mettant en lumière les risques croissants pour la sécurité maritime.
Face à cette escalade, plusieurs pays européens, dont l'Espagne et l'Allemagne, ont appelé à taxer les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières, soulignant l'impact de cette guerre sur l'économie globale.







