La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions économiques bien plus larges que prévu. En effet, après le pétrole, le soufre, un minerai fondamental dans la production d'engrais et de métaux essentiels à la transition énergétique, risque de devenir rare. Ce contexte instable a suscité des inquiétudes concernant des cascades d'effets négatifs sur l'économie mondiale.
Le conflit, exacerbé par les actions militaires des États-Unis et d'Israël contre l'Iran et un blocus potentiel du détroit d'Ormuz, pourrait perturber l'approvisionnement en soufre, alors même que ce minerai est crucial pour de nombreux secteurs, notamment l'agriculture et l'industrie métallurgique.
Des prix en flèche pour les engrais
Chaque année, environ 80 millions de tonnes de soufre sont produites dans le monde, selon World Mining Data. Historiquement, le soufre était extrait de mines, mais actuellement, plus de 90 % provient du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel. Cela comprend une étape de "désulfuration", qui permet de rendre les combustibles fossiles moins polluants, comme l'explique l'Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles.
Un fait marquant est que près d'un quart de la production mondiale de soufre est concentré au Moyen-Orient, en particulier dans des pays comme l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et l'Iran. Ce constat amène Fiona Boyd, cofondatrice d'Acuity Commodities, à affirmer que ces nations "produisent en réalité plus de la moitié du soufre commercialisé dans le monde". Dans un tel contexte, la rareté du soufre pourrait entraîner une hausse significative des prix des engrais, affectant inévitablement les producteurs agricoles.
Alors que les experts s'inquiètent des conséquences de cette situation pour l'approvisionnement alimentaire mondial, l'appel à diversifier les sources d'approvisionnement devient de plus en plus pressant. Selon des analyses récentes, des hausses de prix comprises entre 15 et 30 % pour les denrées agricoles ne sont pas à exclure, renforçant la nécessité d'une surveillance étroite des développements au Moyen-Orient.







