Le film percutant sur les dérives extrémistes aux États-Unis, Une bataille après l'autre, a fait forte impression dès le début de la cérémonie des Golden Globes dimanche à Beverly Hills. En étant nommé à neuf reprises, il a su s'imposer en remportant les prix du meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson, du meilleur scénario et du meilleur second rôle féminin, attribué à Teyana Taylor.
Dans un discours rempli d'émotion, l'actrice Teyana Taylor a dédié sa victoire aux jeunes filles de couleur, rappelant que « notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller ». Son rôle de révolutionnaire à la libido débordante dans une société ultra-polarisée a été salué par la critique. Le film, qui explore la tension entre l'héritage politique du Black Power et celui du Ku Klux Klan, met en lumière les fractures profondes de l'Amérique contemporaine, illustrant comment ces tensions se transforment souvent en violence.
Avec Leonardo DiCaprio à l'affiche, le film a dû cependant concéder le prix de meilleur acteur dans une comédie à Timothée Chalamet, particulièrement apprécié pour son rôle dans Marty Supreme. Timothée a exprimé sa gratitude, reconnaissant la qualité de ses concurrents dans une catégorie très disputée.
Rose Byrne a également brillé en remportant le Globe de la meilleure actrice dans une comédie pour son rôle de mère épuisée dans If I Had Legs I'd Kick You. Ce film captivant a touché le public, soulignant la force des liens familiaux face à l'adversité.
Les Golden Globes, qui catégorisent les films entre comédies et drames, ont vu Une bataille après l'autre se faire face à Sinners, un concurrent sérieux qui a fait forte impression avec un Globe pour la meilleure performance au box-office et la meilleure bande originale, mettant le film sous les projecteurs pour l'Oscar du meilleur film.
La compétition sera également serrée avec Hamnet, une tragédie sur le deuil de William Shakespeare, dont l'actrice Jessie Buckley est pressentie pour le prix de la meilleure actrice. Valeur sentimentale, un film norvégien dirigé par Joachim Trier, pourrait également créer la surprise, cette œuvre centering sur la relation compliquée d'un père pilier et de ses deux filles, obtenant par la même occasion une reconnaissance pour Stellan Skarsgard dans le rôle du second rôle masculin.
Les récents scandales ayant touché les Golden Globes ont abouti à des réformes significatives, avec l'intégration de nouveaux votants plus diversifiés. Comme l’indique le critique Pete Hammond de Deadline, cette évolution pourrait bien refléter un changement de paradigme dans les nominations, où des histoires sur les Noirs reçoivent une meilleure reconnaissance.
Finalement, avec des œuvres comme L'Agent Secret, qui traite de la vie d'un agent sous couverture, et Un simple accident, réalisé par le dissident iranien Jafar Panahi, ces nominations montrent une approche plus internationale des Golden Globes, attirant également l'attention sur des sujets politiques comme les droits de l'homme. Ce dernier, récemment condamné à emprisonnement, pourrait envoyer un message fort en remportant un prix.
La soirée a d'ailleurs été empreinte de politique, avec des célébrités portant des badges en hommage à Renee Good, victime de violence policière. L'humoriste Nikki Glaser a aussi ouvert la cérémonie en attribuant « le Golden Globe du meilleur montage » au « ministère de la Justice américain », soulignant les tensions actuelles autour des questions de racisme et de justice sociale.







