Le climat conflictuel entre Donald Trump et Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), prend une tournure alarmante. En effet, le ministère de la Justice a récemment décidé d'engager des poursuites en lien avec les travaux de rénovation du siège de la banque centrale à Washington, un développement qui pose question sur les véritables motivations derrière cette action.
Jerome Powell a, dans un communiqué, affirmé avoir reçu une convocation qui pourrait mener à une mise en accusation, suite à une audition réalisée en juin dernier. Cette initiative survient alors que Donald Trump, en proie à des frustrations persistantes quant à la politique monétaire de la Fed, a accusé Powell de ne pas réduire suffisamment les taux d’intérêt, entravant ainsi la relance de l’économie.
Le choix du ministère de la Justice de cibler des allégations selon lesquelles Powell aurait menti au Congrès apparait comme une manœuvre intrigante. De nombreux analystes, y compris ceux de Le Monde, soulignent que cette décision pourrait être interprétée comme une tentative de discrediter la légitimité de la Fed, en pleine période d'incertitude économique. Ironie du sort, alors même que le président Trump a lui-même été critiqué pour avoir gardé secret l’ampleur des projets de rénovation à la Maison Blanche, notamment dans l’aile est, où il a fait construire une salle de bal.
Cette convocation est également perçue comme une pression supplémentaire exercée sur Powell, alors que l’inflation demeure au-dessus de la cible de 2% fixée par la Fed. Depuis le printemps, Trump a intensifié ses appels à un changement de leadership à la Fed, proliférant critiques et invectives. ‘Les jeunes n’arrivent pas à acheter de maison parce que ce gars est un nigaud’, avait-il déclaré récemment, évoquant Powell.
Les défis d’un limogeage
Bien que Donald Trump envisage de limoger Powell, ce processus s'avère complexe. Il est en effet nécessaire de prouver des actes fautifs ou des malversations pour ce faire, sachant que le mandat de Powell court jusqu’en 2026. C'est pour cette raison que les poursuites engagées semblent reposer sur des motifs controversés aux yeux des experts, qui soutiennent que la Banque centrale jouit d’une certaine autonomie protégée par la jurisprudence.
Un précédent historique de la Cour suprême américaine en 1935, dans l'affaire opposant William Humphrey à Franklin D. Roosevelt, a établi que le renvoi d’un président d’agence ne peut se faire sans justification solide. Ce jugement a, à l'époque, été en faveur de Humphrey, considérant le renvoi comme abusif.
Alors que cette affaire continue d’évoluer, les observateurs scrutent attentivement la dynamique entre Trump et la Fed, conscient que celle-ci pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie américaine. La tension, couplée à un contexte économique déjà difficile, semble indiquer que le bras de fer entre l’exécutif et la banque centrale ne fait que commencer.







