Des influenceurs installés à Dubaï, habituellement en quête de tranquillité, sont aujourd'hui plongés dans l'inquiétude. Les récentes frappes iraniennes ont suscité un vent de panique parmi ces personnalités, qui partagent leur désarroi sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui filment en direct les silhouettes de missiles taillant le ciel au-dessus des gratte-ciels, témoignant de la peur qui s'est installée dans cette ville vibrante de 3,5 millions d'habitants.
En ce moment même, tandis que la guerre fait rage, Hofit Golan, influenceuse israélienne, ne cache pas son choc dans une vidéo virale : "OMG !", s'exclame-t-elle en montrant l'incendie d'un bâtiment proche de chez elle. De son côté, Will Bailey, un influenceur britannique, fait état de son expérience petrifiante, affirmant qu'il se trouvait tout près d'une explosion dans la nuit de samedi.
Parmi les nouvelles voix inquiètes se trouve Maeva Ghennam, influenceuse française, qui exprime sa peur en se filmant avec son passeport. "La France, protège-nous !", dit-elle, visiblement en proie à une forme d'hystérie. Une représentation dramatique de la détresse ressentie par des milliers d'expatriés, qui se retrouvent coincés, l'espace aérien étant fermé jusqu'à nouvel ordre.
Dans un communiqué, l'ambassade de France aux Émirats a appelé ses ressortissants à suivre les consignes de sécurité, ordonnant de rester à l'intérieur et de se tenir loin des fenêtres et des portes ouvertes.
La situation est d'autant plus préoccupante que des observateurs pointent du doigt la "déconnexion" de ces influenceurs de la réalité géopolitique. La journaliste Emma Férey, qui a écrit sur le milieu de l'influence à Dubaï, souligne ce "retour à la réalité" pour ces stars des réseaux sociaux, qui ont longtemps vendu une image idéale de leur vie.
Les commentaires des internautes ne se font pas attendre. Plusieurs d'entre eux critiquent ces influenceurs, les accusant de vivre dans un monde en décalage avec la véritable gravité de la situation. "C'est indécent de continuer à poster des vidéos de style de vie luxueux pendant que le monde brûle", estime Emma Férey.
Benjamin Samat, un influenceur français à Dubaï, s'est également indigné sur Instagram contre ceux qui se réjouissent des événements tragiques auxquels les Français sont confrontés, affirmant qu'aucun être humain ne devrait être réveillé par le bruit d’explosions.
Les influenceurs, souvent engagés par des marques pour promouvoir divers produits, se retrouvent face à un dilemme. Continuer à faire des publications commerciales alors que la tension monte, c'est encourir le risque d'être critiqués voire de perdre des abonnés. "Parler de politique, c'est dangereux", note Férey, rappelant qu'il existe un véritable risque de harcèlement.
Alors que ces personnalités continuent de partager des contenus, cette situation délicate soulève des questions sur la responsabilité des influenceurs dans un monde en proie aux crises. Leur mode de vie scintillant pourrait bien être en train de s'effriter sous le poids d'une réalité bien plus sombre.







