Les arrestations de personnalités de l'ancienne équipe dirigeante du Népal prennent une tournure décisive. Ce dimanche, après les anciens Premiers ministres et ministre de l'Intérieur, c'est au tour de Deepak Khadka, ancien ministre de l'Énergie, de faire face à la justice. Cette vague d'interpellations survient seulement deux jours après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement dirigé par Balendra Shah, jeune leader de 35 ans, dont l'élection a été marquée par un fort désir de changement.
Balendra Shah, qui a triomphé lors des élections générales du 5 mars, incarne l'espoir d'une nouvelle ère pour un pays ébranlé par des mouvements populaires contre la corruption et le chômage. Ces manifestations ont conduit à la chute de l'ancien gouvernement, faisant éclore de nouvelles aspirations.
Dans la nuit de samedi, les anciens dignitaires KP Sharma Oli et Ramesh Lekhak ont été appréhendés dans le cadre d’une enquête sur la répression des émeutes des 8 et 9 septembre, faisant au moins 76 victimes. Bien qu'ils continuent de nier toute implication, leur situation juridique reste préoccupante.
Dimanche, la police a annoncé l'arrestation de Deepak Khadka pour blanchiment d'argent, suite à la découverte d'importants montants d'argent liquide à son domicile en septembre. Le porte-parole de la police judiciaire, Shiv Kumar Shrestha, a confirmé cet échange à l’AFP, sans fournir plus de détails sur l’enquête en cours.
Une commission d'enquête dirigée par les autorités transitoires a recommandé des poursuites contre les membres de l'ancien gouvernement, soulignant l’ampleur de la crise. Lors des émeutes de septembre, les blessures s’élevaient à plus de 2 600, ce qui a suscité de vives réactions au sein des partis politiques.
Les manifestations de septembre, où des milliers de jeunes issus de la Génération Z sont descendus dans les rues, dénonçaient une corruption systématique et la censure des réseaux sociaux. Malheureusement, au moins 20 manifestants ont péri sous les balles des forces de l'ordre, un tragique rappel de la tension qui règne dans le pays.
Le Parti communiste népalais (CPN-UML), que dirigeait l'ancien PM Oli, a qualifié son arrestation de "vengeance politique" et encourage ses membres à manifester pour sa libération. De fait, de nombreux sympathisants se sont de nouveau rassemblés dimanche dans les rues de Katmandou, non loin du palais de justice, renforçant l’idée d’une lutte potentielle au sein de la population.
Face à cette situation, le nouveau ministre de l'Intérieur, Sudan Gurung, a pris la parole pour défendre la démarche du gouvernement en affirmant qu’“aucun individu n’est au-dessus de la loi” et que ces actions sont le fondement d’une justice tant attendue.
Le gouvernement a également annoncé une initiative ambitieux comprenant 100 mesures, visant à radiclement améliorer la gouvernance et à éradiquer la corruption. Parmi celles-ci figura la création d'une commission d’enquête dédiée à examiner les richesses des élus, un pas significatif vers plus de transparence.







