Quinze jours après que des informations erronées ont circulé dans les médias concernant une supposée détention de drogue, l’eurodéputée Rima Hassan a saisi le Défenseur des droits, accusant la police de diverses négligences.
Alors qu’elle était en garde à vue le 2 avril suite à une publication controversée sur le réseau social X, des fuites dans la presse ont rapporté la présence de drogues dans ses affaires. Toutefois, cette allégation a été rapidement démentie par l’enquête. Le parquet de Paris a d’ailleurs classé l’affaire sans suite après l’obtention d'analyses confirmant l'absence de drogue.
« Au regard de la gravité des manquements signalés, il est essentiel qu'une enquête exhaustive soit menée sans tarder », a déclaré l'avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, précisant que cette demande a été transmise au Défenseur des droits, Claire Hédon.
Son téléphone géolocalisé pendant trois mois ?
Rima Hassan pointe également du doigt des pratiques excessives telles que le placement en garde à vue sans justification, ainsi que des questions sur sa foi et ses valeurs républicaines. Des détails évoquant la géolocalisation de son téléphone sur plusieurs mois et des investigations jugées « totalement disproportionnées » ajoutent à son indignation. Mediapart a confirmé ces allégations dans une récente enquête.
« Ces éléments sont très graves et portent atteinte à l'État de droit », a affirmé l'équipe de Rima Hassan. De plus, à l’Assemblée nationale, le groupe LFI a dénoncé ce qu’il considère comme un « scandale d’État », le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, appelant à préserver l'État de droit.
Violation du secret de l’enquête ?
Rima Hassan a insisté auprès des enquêteurs pour faire savoir que les substances en question étaient du CBD légal et non de la drogue, mais ces déclarations n’ont pas été intégrées au procès-verbal, une omission qui pourrait avoir des conséquences graves sur la perception de l’affaire. Des fuites journalistiques semblent avoir exacerbé la controverse, et l’équipe juridique de la députée soupçonne que ces informations aient été favorisées par l’anonymat de certains fonctionnaires impliqués.
Face à ces enjeux, Rima Hassan a déposé une plainte, soutenue par un article du Canard Enchaîné qui fait état des échanges inappropriés entre un porte-parole du ministère de la Justice et plusieurs journalistes. M. Straub-Kahn a de son côté dénoncé ces accusations, qualifiant les allégations de mensongères.







