Le dernier rapport d'Amnesty International jette un sérieux pavé dans la mare concernant le climat politique en France. À l'approche d'une année électorale cruciale, l'organisation va jusqu'à évoquer une « virulence » préoccupante dans le débat public.
Dans un communiqué, la présidente d'Amnesty International France, Anne Savinel-Barras, déplore la banalisation croissante des discours discriminatoires : « Les attaques racistes et les invectives à l'encontre de l'État de droit sont extrêmement inquiétantes, surtout à l'aube d'élections essentielles », souligne-t-elle.
Ces « marqueurs » de pratiques autoritaires, tels que le ciblage systématique des étrangers, prennent de l'ampleur dans le paysage français, rappelle le rapport. Des tendances observées à l'étranger, comme aux États-Unis, semblent désormais s'installer aussi dans l'Hexagone, note Le Monde.
En 2025, l'État de droit français a été affaibli par l'usage de plus en plus fréquent de technologies de surveillance. Le gouvernement a d'ailleurs déposé, en mai de cette année-là, un projet de loi relatif aux JO d'hiver de 2030, autorisant la mise en place de systèmes de vidéosurveillance de masse pilotés par intelligence artificielle jusqu'en 2027.
L'État de droit mis en cause par les politiques
Amnesty tire également la sonnette d'alarme sur le discours des responsables politiques qui, selon l'ONG, n'hésitent pas à dénoncer ce qu'ils appellent une « tyrannie des juges » pour remettre en question des décisions judiciaires. « Ces acteurs politiques jouent dangereusement avec notre héritage en matière de droits humains », déclare Savinel-Barras, en ajoutant que la mise en péril de l'État de droit pourrait mener à un climat de force.
Pour contrer cette dérive, elle appelle à la protection de la société civile, ainsi qu'à la défense de l'indépendance de la justice et de la liberté de la presse. « Ces éléments sont des remparts indissociables de l'État de droit », insiste-t-elle. Elle conclut en affirmant que face à la menace grandissante sur les démocraties du monde, la mobilisation collective est essentielle pour maintenir un contre-pouvoir face à l'arbitraire.







