Le 20 mai, Simone Polak, une rescapée d'Auschwitz, a été honorée à la synagogue de la paix à Strasbourg avec la Légion d'honneur et le titre de commandeur dans l'ordre des palmes académiques. Cet événement, dédié à la mémoire des victimes de la déportation, a été assombri par la présence inattendue du député du Rassemblement National, Théo Bernhardt.
Gêne et indignation
La cérémonie, empreinte d'émotion, a vu le député RN s'installer au premier rang avec la kippa, un acte traditionnel dans les lieux de culte juifs. Cependant, sa présence a suscité une onde de choc parmi les invités. Plusieurs personnalités ont choisi de l'ignorer, notamment en refusant de lui serrer la main, préférant ne pas troubler ce moment solennel par des controverses passées.
Des murmures de mécontentement ont circulé parmi les participants, rappelant l'histoire du Front National et ses origines controversées, notamment les liens historiques avec des mouvements d'extrême droite, y compris les Waffen-SS. Bien que l’indignation différait d’un invité à l’autre, l’atmosphère était teintée de gêne collective.
Peu après son départ, Théo Bernhardt a pris la parole sur sa page Facebook, se déclarant honoré d’avoir assisté à la cérémonie et saluant le parcours de Simone Polak, sans toutefois mentionner son statut de survivante d'Auschwitz. Interrogé par Ici Alsace, il a exprimé quelques regrets quant à l'éventuelle polémique générée par sa présence, indiquant : "Je peux comprendre que certains de l’ancienne génération soient surpris... Mais je suis né en 2000, et mon élection a eu lieu sous la présidence de Jordan Bardella au RN."
Bernhardt a précisé qu'il se voyait mal refuser une invitation qui mettait à l'honneur une figure représentant un devoir de mémoire face à l'horreur de la déportation et de l'extermination des juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.
Ce moment, bien que significatif sur le plan de la mémoire collective, est un rappel de la manière dont le passé continue d’influencer le présent, soulevant des questions sur la manière dont on commémore l'histoire.







