C'est le grand jour pour Jean-Luc Mélenchon. Ce dimanche, il a choisi Saint-Denis comme scène d'ouverture de sa nouvelle campagne électorale. Une ville qui incarne à la fois le projet de La France Insoumise (LFI) et la vision d'une "Nouvelle France" que défend le leader politique.
Le meeting, prévu à 15H30 sur la place Victor Hugo, se déroule dans un cadre symbolique, entre la mairie dirigée par l'insoumis Bally Bagayoko, élu lors des dernières municipales, et la célèbre basilique de Saint-Denis, où reposent les rois de France. "La force des lieux a son importance", a affirmé Mélenchon au cours de la semaine.
"C'est le point de départ de ma campagne", a-t-il ajouté, faisant suite à l'officialisation de sa candidature au début du mois de mai, qui n'a surpris personne. Les Insoumis prévoient une véritable démonstration de force, espérant rassembler au moins 10 000 personnes.
Pour cet événement, de nombreux élus de LFI devraient être présents, incluant Bally Bagayoko, dont l'élection au premier tour des municipales a été remarquée. Son succès est attribué à une campagne médiatique efficace et à une bonne réputation dans cette commune populaire.
Pour Mélenchon, ce meeting incarne sa vision d'une "Nouvelle France", une société plus connectée et diversifiée. Selon Manuel Bompard, coordinateur de LFI et directeur de campagne, l'événement vise à établir un lien entre l'histoire de France et la vision politique actuelle : "Ce ne sera pas simplement un meeting traditionnel, mais l'occasion d'explorer les grandes orientations de notre campagne."
Mélenchon, un orateur passionné, bénéficiera aussi du soutien d'écrivains renommés comme Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022, et Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, qui prendront également la parole durant l'événement. Bompard a souligné l'importance de l'éducation populaire dans cette campagne, la qualifiant d'instructive.
Les Insoumis souhaitent tirer profit de l'enthousiasme généré par leurs débuts de campagne. Les sondages indiquent que Mélenchon est proche du second tour, tandis que son parti se positionne comme l'entité la plus efficace à gauche, en opposition à un camp socialiste embourbé dans des disputes internes sur une primaire unitaire.
"Le lancement de campagne a dépassé nos attentes", admet un cadre de LFI, ajoutant que les soutiens affluent plus rapidement que prévu. Les sondages indiquent des intentions de vote pour Mélenchon entre 13 et 15% au premier tour, des chiffres qui ont confirmé les attentes favorables du mouvement.
"Depuis l'annonce de sa candidature, nous recevons beaucoup d’appels", note un député LFI, évoquant un rapprochement de certains écolos avec leur mouvement. Bien que les écologistes, sous la direction de Marine Tondelier, poursuivent les discussions sur la primaire, des tensions persistent au sein du Parti Socialiste, qui a récemment proposé une "double primaire".
Cette suggestion n’a pas manqué de faire sourire les Insoumis, qui aiment rappeler que "détester Mélenchon n'est pas un programme". Après le meeting de Mélenchon, d'autres candidats, comme Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, devrait également rassembler leurs partisans dans les semaines à venir. Notons également une date à surveiller : la décision de la cour d'appel concernant les assistants RN au Parlement européen, prévue pour le 7 juillet, qui pourrait influencer la candidature de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella.







